ces jours-ci je me la joue standardiste
ça peut même devenir rigolo quand un italien avec un accent suisse m'appelle pour me proposer un devis à 2 573 689 € HT.
"Ah ? euh ... tout ça ?"
Ou quand je décroche le téléphone, et entends
"Bonjour, je voudrais parler à Mme Trucmuch' SVP"
et moi de répondre :
"Ouiiiii, alors je travaille dans la société Trucmuch', je m'appelle Mlle Machinchoz"
"Whaaaheuuuouiii, alors, euh, hum, 'xusez, hum...(vite on enchaîne) Savez-vous que nous sommes la première entreprise en France pour les portillons de détecteurs de métaux dans les aéroports ?"
"Noooonn ?! Mais moi en fait ce qu'il me faut c'est du 2-3 t/h de plastique, vous voyez."
Et le beau bouquet de fin de journée :
"ah oui ? votre machine me coûterait 30 000 € ? C'est marrant, votre concurrent me propose 200 000 €...trop cool !"
mardi 17 juillet 2007
jeudi 12 juillet 2007
Bruxelles est mon amie
Tout ce qui suit est issu d'une chaîne internet : auteur inconnu, données non confirmées même si ce que j'ai entendu sur TF1 l'aut' jour y ressemble un peu quand même
...
et pi c'est juste pour que vous puissiez pas dire que vous z'êtes pas au courant
...
alors ne venez pas me tomber dessus !!
Hum hum
Le 1er Juillet 2007 le marché de l’électricité et du gaz sera ouvert à la concurrence.
Pour info
Les fournisseurs Electricité :
- ALTERNA
- COMP. NAT. DU RHONE (SUEZ)
- DIRECT-ENERGIE SA
- EDF
- ELECTRABEL France (SUEZ)
- ELECTRICITE DE STRASBOURG
- ENDESA ENERGIA
- ENERCOOP
- GAZ DE France
- GAZ-ELECTRICITE-DE-GRENOBLE
- OUEST ENERGIE
- POWEO
- SIGEXY
- SOREGIES
- USINE ELECTRIQUE DE METZ
Les fournisseurs Gaz :
- ALTERGAZ
- BP GAS & POWER
- DISTRIGAZ
- EDF
- ELECTRABEL
- ENI
- E.ON GROUP
- GAS NATURAL
- GAZ DE FRANCE
- GAZ DE PARIS
- HYDRO ENERGY
- IBERDROLA
- POWEO
- SOTEG
- TOTAL
- WINGAS
Listes mises à jour régulièrement à consulter sur http://www.cre.fr
Au 1/07/07, vous aurez le choix entre :
- le tarif régulé (comme aujourd’hui) où l’Etat fixe les prix (peu de fluctuation car suit en général le coût de la vie),
- faire jouer votre « éligibilité », c’est à dire choisir le marché, faire jouer la concurrence.
Si vous faites jouer votre éligibilité, vous ne pourrez plus revenir au tarif régulé.
EDF, Gaz de France, Elec. de Strasbourg et de Grenoble, Usine de Metz sont les seules à conserver 2 types de tarifs : le régulé et le concurrentiel.
Et si on vous offre un diagnostique de votre installation et qu’on trouve des défauts, il est probable que vous soyez obligés d’y remédier à titre onéreux.
Alors il se peut que vous soyez contactés par EDF ou GDF (surtout GDF) pour vous entendre dire :
« venez chez nous, on vous fera un contrat unique, vous n’aurez qu’une seule facture, vous aurez des avantages (diagnostiques gratuits d’installation, l’énergie moins chère, une cafetière offerte, …) et dès la signature, votre facture baissera de X %… »
Aujourd’hui, EDF et Gaz de France sont devenues des Sociétés Anonymes, avec des actionnaires à rétribuer. Vous comprendrez donc aisément qu’elles ont intérêt à ce qu’un maximum de leurs clients quittent le tarif régulé…
D'autre part, jusqu’à aujourd’hui, un abonnement à l’électricité et au gaz était contracté par une personne physique ou moral. Le 1er juillet, c’est la notion de point de livraison qui prévaudra.
Ça veut dire quoi ce machin ?
- après le 1er juillet, vous décidez d’acheter une maison ou un appartement. Si le vendeur était resté à EDF et/ou GDF régulé, pas de problème. Par contre, si votre vendeur avait fait jouer son éligibilité, donc qu’il a quitté EDF et/ou GDF tarif régulé, vous ne pouvez pas prétendre au tarif régulé, car c’est la notion de point de livraison qui est prise en compte.
- Plus grave, idem pour le locatif. C’est à dire que si vous déménagez et que vous êtes en locatif (OPAC, privé…), vérifiez bien où votre prédécesseur dans le logement se fournissait car la aussi, si un locataire décide de quitter le tarif régulé, c’est le logement qui quitte définitivement ce tarif (attention encore, s’il vous dit qu’il était à EDF et/ou GDF, cela ne dit pas à quel tarif il était).
- Cela vaut pour le bailleur de logement qui risque d’avoir des difficultés ultérieures à louer ses logement qui ne seront plus au tarif régulé (d’autant plus qu’actuellement la loi sur la concurrence libre et non faussée lui interdit d’imposer à un de ses locataires de se fournir ici plutôt que la).
Voilà.
Mais c'est pas fini : à compter du 1er Juillet 2010, que vous accédiez à la propriété ou que vous changiez de résidence en locatif, vous n’aurez plus droit au tarif régulé.
Alors si vous avez prévu de faire construire ou d’accéder à la propriété, faites le avant cette date.
...
et pi c'est juste pour que vous puissiez pas dire que vous z'êtes pas au courant
...
alors ne venez pas me tomber dessus !!
Hum hum
Le 1er Juillet 2007 le marché de l’électricité et du gaz sera ouvert à la concurrence.
Pour info
Les fournisseurs Electricité :
- ALTERNA
- COMP. NAT. DU RHONE (SUEZ)
- DIRECT-ENERGIE SA
- EDF
- ELECTRABEL France (SUEZ)
- ELECTRICITE DE STRASBOURG
- ENDESA ENERGIA
- ENERCOOP
- GAZ DE France
- GAZ-ELECTRICITE-DE-GRENOBLE
- OUEST ENERGIE
- POWEO
- SIGEXY
- SOREGIES
- USINE ELECTRIQUE DE METZ
Les fournisseurs Gaz :
- ALTERGAZ
- BP GAS & POWER
- DISTRIGAZ
- EDF
- ELECTRABEL
- ENI
- E.ON GROUP
- GAS NATURAL
- GAZ DE FRANCE
- GAZ DE PARIS
- HYDRO ENERGY
- IBERDROLA
- POWEO
- SOTEG
- TOTAL
- WINGAS
Listes mises à jour régulièrement à consulter sur http://www.cre.fr
Au 1/07/07, vous aurez le choix entre :
- le tarif régulé (comme aujourd’hui) où l’Etat fixe les prix (peu de fluctuation car suit en général le coût de la vie),
- faire jouer votre « éligibilité », c’est à dire choisir le marché, faire jouer la concurrence.
Si vous faites jouer votre éligibilité, vous ne pourrez plus revenir au tarif régulé.
EDF, Gaz de France, Elec. de Strasbourg et de Grenoble, Usine de Metz sont les seules à conserver 2 types de tarifs : le régulé et le concurrentiel.
Et si on vous offre un diagnostique de votre installation et qu’on trouve des défauts, il est probable que vous soyez obligés d’y remédier à titre onéreux.
Alors il se peut que vous soyez contactés par EDF ou GDF (surtout GDF) pour vous entendre dire :
« venez chez nous, on vous fera un contrat unique, vous n’aurez qu’une seule facture, vous aurez des avantages (diagnostiques gratuits d’installation, l’énergie moins chère, une cafetière offerte, …) et dès la signature, votre facture baissera de X %… »
Aujourd’hui, EDF et Gaz de France sont devenues des Sociétés Anonymes, avec des actionnaires à rétribuer. Vous comprendrez donc aisément qu’elles ont intérêt à ce qu’un maximum de leurs clients quittent le tarif régulé…
D'autre part, jusqu’à aujourd’hui, un abonnement à l’électricité et au gaz était contracté par une personne physique ou moral. Le 1er juillet, c’est la notion de point de livraison qui prévaudra.
Ça veut dire quoi ce machin ?
- après le 1er juillet, vous décidez d’acheter une maison ou un appartement. Si le vendeur était resté à EDF et/ou GDF régulé, pas de problème. Par contre, si votre vendeur avait fait jouer son éligibilité, donc qu’il a quitté EDF et/ou GDF tarif régulé, vous ne pouvez pas prétendre au tarif régulé, car c’est la notion de point de livraison qui est prise en compte.
- Plus grave, idem pour le locatif. C’est à dire que si vous déménagez et que vous êtes en locatif (OPAC, privé…), vérifiez bien où votre prédécesseur dans le logement se fournissait car la aussi, si un locataire décide de quitter le tarif régulé, c’est le logement qui quitte définitivement ce tarif (attention encore, s’il vous dit qu’il était à EDF et/ou GDF, cela ne dit pas à quel tarif il était).
- Cela vaut pour le bailleur de logement qui risque d’avoir des difficultés ultérieures à louer ses logement qui ne seront plus au tarif régulé (d’autant plus qu’actuellement la loi sur la concurrence libre et non faussée lui interdit d’imposer à un de ses locataires de se fournir ici plutôt que la).
Voilà.
Mais c'est pas fini : à compter du 1er Juillet 2010, que vous accédiez à la propriété ou que vous changiez de résidence en locatif, vous n’aurez plus droit au tarif régulé.
Alors si vous avez prévu de faire construire ou d’accéder à la propriété, faites le avant cette date.
mardi 10 juillet 2007
Allôôôô ??!!!
"Ouiii, Bonjour Monsieur!! Je cherche à savoir combien coûte un container pour mettre des pare-chocs dedans !!!
-Ouiiii!! Alors euh...blablabla"
(échange d'e-mails, fax etc)
"Et combien vous voulez en mettre dedans des pare-chocs ? Parce que y a un poids limite, hein! Ca fait quoi un pare-choc ? Dans les 50, 60 kilos ?!!
- Euuuh...plutôt dans les 3-4!"
-Ouiiii!! Alors euh...blablabla"
(échange d'e-mails, fax etc)
"Et combien vous voulez en mettre dedans des pare-chocs ? Parce que y a un poids limite, hein! Ca fait quoi un pare-choc ? Dans les 50, 60 kilos ?!!
- Euuuh...plutôt dans les 3-4!"
jeudi 5 juillet 2007
fin d'un cycle
j'ai commencé ce blog lors de ma studieuse expatriation
voici : le 84e post pour vous annoncer, sans solennité, que vous avez maintenant, et depuis 3 heures, affaire à une : maître es merdâsse
enfin maître es recyclage merdâsse, si vous voulez
mais allez-y, je lance le débat : quel titre me proposez-vous ?
voici : le 84e post pour vous annoncer, sans solennité, que vous avez maintenant, et depuis 3 heures, affaire à une : maître es merdâsse
enfin maître es recyclage merdâsse, si vous voulez
mais allez-y, je lance le débat : quel titre me proposez-vous ?
mercredi 27 juin 2007
Perséphone et... le Militantisme de terrain
Vous avez sans doute croisé un jour, en sortant du métro, en vous pressant à vos achats dans le Quartier Latin populeux, de ces pauvres hères qui distribuent des papiers en bafouillant des trucs. Evidemment l’observateur saura les distribuer en trois catégories :
- le vendeur de journaux gratuits, qui, vers les 7h30 du matin, parce qu’il fait froid, parce que la route est longue, parce que Bernard Werber est encore resté dans le salon, parce que la gratuité elle-même, dans nos sociétés marchandes, passe pour un des visages de la convivialité, de la chaleur humaine, de l’amour de l’Autre ;
- le diffuseur de prospectus (restaurant indien, épilation, Scientologie) : Homme-Chose, rouage de la machine capitaliste qui vit de publicité et d’information ;
- le militant.
Pour peu que le train de 7h38 soit sur le point de vous passer sous le nez, vous n’étudierez pas plus avant ces intéressantes distinctions ; mais prenons le parti, nous qui – lecteurs ou rédactrice de cette chronique, avons du temps à perdre – d’habiter pendant un instant cet être vain qui, lorsque vous empoignez la rampe avec férocité pour mieux vous propulser dans la station bondée, s’essaie à vous barrer le chemin en murmurant :
« Elections législatives !... »
Il faut voir que le militant n’a pas été mis sur cette terre que pour incarner les misères de l’engagement politique. Combien de fois, en effet, n’a-t-on pas entendu des passants pleins de compassion s’exclamer devant notre pitoyable assemblée :
« Ah ! vous avez bien du mérite ! ça n’est pas facile ce que vous faites ! »
Ce genre de sentences moralistes (qui partent du cœur, je pense ; et d’ailleurs ce sont des femmes qui les prononcent en général, et tout le monde sait que femme=charité=tendresse) accrédite l’opinion commune que les militants (et singulièrement les militants socialistes) sont une espèce marquée par Dieu, qui expient toutes les semaines dans les rues battues par le vent, la pluie et les casseurs de l’UNI, on ne sait quelle faute originelle. Les tracts qui, à la moindre averse, leur poissent les doigts et déteignent sur leurs manches de chemise, sont l’expression visible de cette souillure, un peu comme les syphilitiques, sur les gravures de Hogarth, portent en ornement sur le nez de grosses taches marronnasses qui les signalent aux mères prudentes, aux jeunes filles chastes et aux banquiers.
L’inutilité de ces actions, tout le monde l’a bien perçue. Elle ajoute simplement au sacerdoce du militant, qui, puisqu’on récompense rarement son fanatisme au service de la Cause, aime à se représenter (dans les pots d’après-tractage) écartelé et déchiré pour ses idées – j’imagine ainsi sainte Blandine, au moment où les lions portent le premier croc dans sa blanche poitrine ; et ainsi tous les matins, au sortir des métros, sur les marchés et dans les facs, les martyrs de la Chrétienté vont au devant du Peuple et lui répètent sur un ton languissant :
« Elections législatives !... »
Il n’est pas anodin d’ailleurs que le mot « christique » soit si couramment employé dans les réunions de campagne. Le visage du Sauveur se surimpose au nôtre dans les équipées les moins redoutables : X a tenu dix heures un bureau de vote du 5ème malgré les fourberies tibéristes, Bidule passe trois heures tous les soirs à négocier avec ses contacts de Sciences-Po, d’autres ont pris leur café Place Monge, comme de vrais prolétaires, parce qu’ils devaient être sur place au plus tôt : leur dévouement est proprement christique. La byzantiniste déchue que je suis n’a pas de peine, au demeurant, à déceler le parallèle entre nos combats de chapelle et les grandes luttes christologiques du IXème siècle : le Christ était-il un ou double, le socialisme est-il multiple ou fédérateur, y a-t-il des hérétiques et faut-il les brûler ? Le militant est philosophe quand il achève de se geler sur les marches de Censier pour parler aux faqueux : alors il se construit comme pur par rapport à l’Impur, et cette dialectique de l’exclusion fonctionne à plein au sein de la section : au terme des réunions le Pur traverse la salle foulant les ruines sanglantes des idéologies abattues, dans la rue il s’offre au monde et l’inonde de sa sève. Mais le monde, que la rue Saint-Jacques symbolise idéalement, s’en fout pas mal.
C’est le drame du militant : il est convaincu et personne ne lui en tient rigueur. Je veux dire qu’il aimerait de temps en temps susciter un peu la controverse, d’abord parce qu’on lui a dit que c’était dans la discussion que les arguments s’affûtaient, comme on trempe l’acier dans l’eau pure, ensuite parce que pour exister, il faut bien s’affirmer comme Autre (mais si, mais si). Mais personne n’imaginera d’aller matraquer un gars parce qu’il est social-libéral ou qu’il défend la taxe Tobin. Quoiqu’il y ait dans les facs des gens spécialement appointés (Dieu sait pourquoi, nos universités parisiennes sont remplies de fascistes) au collage d’affiches vengeresses (« Pas de gauchistes dans nos amphis ! ») ; mais sur le marché Maubert, qui n’a jamais été, je vous l’accorde, un haut lieu de la circulation des idées, la ménagère empoignera son poireau et ne se souciera pas dans l’enfourner dans la bouche ébahie du militant qui la côtoie. Elle l’ignore. Il est juste là et il fait un peu laid dans le paysage, mais il ne dérange pas.
Les seules discussions que sa présence soulève sont généralement stupides et/ou embarrassantes. Mettons que la protagoniste se soit postée, un jeudi soir vers six heures trente, à la sortie du métro Cluny (sachant que la Sorbonne est à 200 m, c’est particulièrement mal joué, mais bon, c’est son problème). Son look de gauche (cf. texte antérieur) part à vau-l’eau, alors elle porte une robe à paillettes style poule géante du music-hall. Dans sa main gauche les tracts récents de la campagne des législatives, qu’un vieillard névrotique a tout droit ressorti des présidentielles de 81 : même logo, même plaquette, et les mots d’ordre n’ont pas beaucoup changé ; mais à France éternelle solutions éternelles, hein. La méthode du tractage est à peu près acquise, surtout depuis qu’elle a visionné cet épisode de Desperate Housewives où Gabrielle vend des voitures sur une plate-forme de supermarché : sourire, déhanché, classe. Comme depuis un quart d’heure un vieux schnoque l’asticote, elle doit se retourner pour lui flanquer un gnon ; et au retour elle retend le bras en soufflant :
« Elections législatives !... »
Manque de bol : ça n’est pas un vieux schnoque, mais pas loin ; c’est son ennemi juré, Machin, dont elle a pourri toute la khâgne, et qu’elle évite dans les couloirs de Paris-IV comme un cadavre putrescent ; évidemment Machin a le droit de prendre son métro où il veut. Il tient sa revanche, ce gros fourbe. À ses yeux la politique est bien une affaire de femmes. Il ouvre une large bouche pleine de dents aiguisées et lâche :
« Alors, c’est un bon coin ? Il y a beaucoup de monde ? »
La protagoniste, qui manque d’esprit d’à-propos, esquisse une moue idiote et mise tout sur l’aspect grosse poule : « Euh, ouais, ouais, c’est sympa, pas mal », avant de percevoir l’aspect odieusement grivois de la remarque de l’autre. Et lui s’en va en s’éventant de son tract.
Conclusion :
un militant ne convaincra jamais personne, mais il peut se lancer, par des rencontres inédites, sur les scènes des grands cabarets parisiens. Qui a parlé de politique-spectacle ?
- le vendeur de journaux gratuits, qui, vers les 7h30 du matin, parce qu’il fait froid, parce que la route est longue, parce que Bernard Werber est encore resté dans le salon, parce que la gratuité elle-même, dans nos sociétés marchandes, passe pour un des visages de la convivialité, de la chaleur humaine, de l’amour de l’Autre ;
- le diffuseur de prospectus (restaurant indien, épilation, Scientologie) : Homme-Chose, rouage de la machine capitaliste qui vit de publicité et d’information ;
- le militant.
Pour peu que le train de 7h38 soit sur le point de vous passer sous le nez, vous n’étudierez pas plus avant ces intéressantes distinctions ; mais prenons le parti, nous qui – lecteurs ou rédactrice de cette chronique, avons du temps à perdre – d’habiter pendant un instant cet être vain qui, lorsque vous empoignez la rampe avec férocité pour mieux vous propulser dans la station bondée, s’essaie à vous barrer le chemin en murmurant :
« Elections législatives !... »
Il faut voir que le militant n’a pas été mis sur cette terre que pour incarner les misères de l’engagement politique. Combien de fois, en effet, n’a-t-on pas entendu des passants pleins de compassion s’exclamer devant notre pitoyable assemblée :
« Ah ! vous avez bien du mérite ! ça n’est pas facile ce que vous faites ! »
Ce genre de sentences moralistes (qui partent du cœur, je pense ; et d’ailleurs ce sont des femmes qui les prononcent en général, et tout le monde sait que femme=charité=tendresse) accrédite l’opinion commune que les militants (et singulièrement les militants socialistes) sont une espèce marquée par Dieu, qui expient toutes les semaines dans les rues battues par le vent, la pluie et les casseurs de l’UNI, on ne sait quelle faute originelle. Les tracts qui, à la moindre averse, leur poissent les doigts et déteignent sur leurs manches de chemise, sont l’expression visible de cette souillure, un peu comme les syphilitiques, sur les gravures de Hogarth, portent en ornement sur le nez de grosses taches marronnasses qui les signalent aux mères prudentes, aux jeunes filles chastes et aux banquiers.
L’inutilité de ces actions, tout le monde l’a bien perçue. Elle ajoute simplement au sacerdoce du militant, qui, puisqu’on récompense rarement son fanatisme au service de la Cause, aime à se représenter (dans les pots d’après-tractage) écartelé et déchiré pour ses idées – j’imagine ainsi sainte Blandine, au moment où les lions portent le premier croc dans sa blanche poitrine ; et ainsi tous les matins, au sortir des métros, sur les marchés et dans les facs, les martyrs de la Chrétienté vont au devant du Peuple et lui répètent sur un ton languissant :
« Elections législatives !... »
Il n’est pas anodin d’ailleurs que le mot « christique » soit si couramment employé dans les réunions de campagne. Le visage du Sauveur se surimpose au nôtre dans les équipées les moins redoutables : X a tenu dix heures un bureau de vote du 5ème malgré les fourberies tibéristes, Bidule passe trois heures tous les soirs à négocier avec ses contacts de Sciences-Po, d’autres ont pris leur café Place Monge, comme de vrais prolétaires, parce qu’ils devaient être sur place au plus tôt : leur dévouement est proprement christique. La byzantiniste déchue que je suis n’a pas de peine, au demeurant, à déceler le parallèle entre nos combats de chapelle et les grandes luttes christologiques du IXème siècle : le Christ était-il un ou double, le socialisme est-il multiple ou fédérateur, y a-t-il des hérétiques et faut-il les brûler ? Le militant est philosophe quand il achève de se geler sur les marches de Censier pour parler aux faqueux : alors il se construit comme pur par rapport à l’Impur, et cette dialectique de l’exclusion fonctionne à plein au sein de la section : au terme des réunions le Pur traverse la salle foulant les ruines sanglantes des idéologies abattues, dans la rue il s’offre au monde et l’inonde de sa sève. Mais le monde, que la rue Saint-Jacques symbolise idéalement, s’en fout pas mal.
C’est le drame du militant : il est convaincu et personne ne lui en tient rigueur. Je veux dire qu’il aimerait de temps en temps susciter un peu la controverse, d’abord parce qu’on lui a dit que c’était dans la discussion que les arguments s’affûtaient, comme on trempe l’acier dans l’eau pure, ensuite parce que pour exister, il faut bien s’affirmer comme Autre (mais si, mais si). Mais personne n’imaginera d’aller matraquer un gars parce qu’il est social-libéral ou qu’il défend la taxe Tobin. Quoiqu’il y ait dans les facs des gens spécialement appointés (Dieu sait pourquoi, nos universités parisiennes sont remplies de fascistes) au collage d’affiches vengeresses (« Pas de gauchistes dans nos amphis ! ») ; mais sur le marché Maubert, qui n’a jamais été, je vous l’accorde, un haut lieu de la circulation des idées, la ménagère empoignera son poireau et ne se souciera pas dans l’enfourner dans la bouche ébahie du militant qui la côtoie. Elle l’ignore. Il est juste là et il fait un peu laid dans le paysage, mais il ne dérange pas.
Les seules discussions que sa présence soulève sont généralement stupides et/ou embarrassantes. Mettons que la protagoniste se soit postée, un jeudi soir vers six heures trente, à la sortie du métro Cluny (sachant que la Sorbonne est à 200 m, c’est particulièrement mal joué, mais bon, c’est son problème). Son look de gauche (cf. texte antérieur) part à vau-l’eau, alors elle porte une robe à paillettes style poule géante du music-hall. Dans sa main gauche les tracts récents de la campagne des législatives, qu’un vieillard névrotique a tout droit ressorti des présidentielles de 81 : même logo, même plaquette, et les mots d’ordre n’ont pas beaucoup changé ; mais à France éternelle solutions éternelles, hein. La méthode du tractage est à peu près acquise, surtout depuis qu’elle a visionné cet épisode de Desperate Housewives où Gabrielle vend des voitures sur une plate-forme de supermarché : sourire, déhanché, classe. Comme depuis un quart d’heure un vieux schnoque l’asticote, elle doit se retourner pour lui flanquer un gnon ; et au retour elle retend le bras en soufflant :
« Elections législatives !... »
Manque de bol : ça n’est pas un vieux schnoque, mais pas loin ; c’est son ennemi juré, Machin, dont elle a pourri toute la khâgne, et qu’elle évite dans les couloirs de Paris-IV comme un cadavre putrescent ; évidemment Machin a le droit de prendre son métro où il veut. Il tient sa revanche, ce gros fourbe. À ses yeux la politique est bien une affaire de femmes. Il ouvre une large bouche pleine de dents aiguisées et lâche :
« Alors, c’est un bon coin ? Il y a beaucoup de monde ? »
La protagoniste, qui manque d’esprit d’à-propos, esquisse une moue idiote et mise tout sur l’aspect grosse poule : « Euh, ouais, ouais, c’est sympa, pas mal », avant de percevoir l’aspect odieusement grivois de la remarque de l’autre. Et lui s’en va en s’éventant de son tract.
Conclusion :
un militant ne convaincra jamais personne, mais il peut se lancer, par des rencontres inédites, sur les scènes des grands cabarets parisiens. Qui a parlé de politique-spectacle ?
mardi 26 juin 2007
Il était une fois...du sucre
Une fois ingéré, l’aspartame se transforme en poison, et même en plusieurs poisons : la phénylalanine, le méthanol et la dicétopipérazine.
La phénylalanine est un acide aminé que l’on trouve dans le cerveau humain. Il a été démontré qu’une seule prise d’aspartame suffit pour faire monter les niveaux de phénylalanine au niveau cérébral.
La consommation régulière d’aspartame entraîne ainsi inévitablement un taux cérébral excessif de phénylalanine dont la première conséquence est une chute de l’hormone cérébrale de la bonne humeur (la sérotonine), conduisant à des désordres émotionnels tel que la dépression.
Une consommation chronique d’aspartame va, quant à elle, carrément modifier la chimie cérébrale entraînant des pertes de mémoire voire même une destruction des neurones comme on l’observe dans la maladie d’Alzheimer.
On notera enfin que le Dr Louis Elsas, professeur de pédiatrie (Université d’Emory, Georgie, USA), n’a pas hésité à déclarer devant le Congrès américain que la phénylalanine qui se concentre dans le placenta peut provoquer des cas d’arriération mentale.
Le méthanol correspond, en poids, à environ 10 % de l’aspartame. Il se décompose, entre autres dans le corps en acide formique (le poison injecté par les piqûres de fourmis) et en formaldéhyde (un cancérigène connu qui cause des dommages à la rétine, s’oppose à la reproduction de l’ADN et cause des malformations prénatales).
Les problèmes les plus connus d’un empoisonnement au méthanol sont les problèmes visuels. D’autres symptômes sont également répertoriés : maux de tête, bourdonnement d’oreilles, dérangements gastro-intestinaux, faiblesse, vertiges, frissons, trous de mémoire, engourdissements et douleurs fulgurantes des extrémités, troubles du comportement.
La dicétopipérazine, enfin, a été impliquée dans l’apparition de tumeurs au cerveau et des polypes utérins.
Mais, me direz-vous, c'est quoi cet aspartame ?
En France, son nom commercial est : ... Canderel
Voilà le genre de chaîne qui passe au boulot. Je laisse toute liberté à tous de contredire ceci...c'est juste au cas où.
Je veux pas faire flipper mais ... c'est flippant.
Si ça vous intéresse je vous mettrai le paragraphe expliquant comment ce produit s'est retrouvé dans nos consommations.
"niark niark!! cultivons la peur!!!"
La phénylalanine est un acide aminé que l’on trouve dans le cerveau humain. Il a été démontré qu’une seule prise d’aspartame suffit pour faire monter les niveaux de phénylalanine au niveau cérébral.
La consommation régulière d’aspartame entraîne ainsi inévitablement un taux cérébral excessif de phénylalanine dont la première conséquence est une chute de l’hormone cérébrale de la bonne humeur (la sérotonine), conduisant à des désordres émotionnels tel que la dépression.
Une consommation chronique d’aspartame va, quant à elle, carrément modifier la chimie cérébrale entraînant des pertes de mémoire voire même une destruction des neurones comme on l’observe dans la maladie d’Alzheimer.
On notera enfin que le Dr Louis Elsas, professeur de pédiatrie (Université d’Emory, Georgie, USA), n’a pas hésité à déclarer devant le Congrès américain que la phénylalanine qui se concentre dans le placenta peut provoquer des cas d’arriération mentale.
Le méthanol correspond, en poids, à environ 10 % de l’aspartame. Il se décompose, entre autres dans le corps en acide formique (le poison injecté par les piqûres de fourmis) et en formaldéhyde (un cancérigène connu qui cause des dommages à la rétine, s’oppose à la reproduction de l’ADN et cause des malformations prénatales).
Les problèmes les plus connus d’un empoisonnement au méthanol sont les problèmes visuels. D’autres symptômes sont également répertoriés : maux de tête, bourdonnement d’oreilles, dérangements gastro-intestinaux, faiblesse, vertiges, frissons, trous de mémoire, engourdissements et douleurs fulgurantes des extrémités, troubles du comportement.
La dicétopipérazine, enfin, a été impliquée dans l’apparition de tumeurs au cerveau et des polypes utérins.
Mais, me direz-vous, c'est quoi cet aspartame ?
En France, son nom commercial est : ... Canderel
Voilà le genre de chaîne qui passe au boulot. Je laisse toute liberté à tous de contredire ceci...c'est juste au cas où.
Je veux pas faire flipper mais ... c'est flippant.
Si ça vous intéresse je vous mettrai le paragraphe expliquant comment ce produit s'est retrouvé dans nos consommations.
"niark niark!! cultivons la peur!!!"
lundi 25 juin 2007
an Inconvenient Truth
c'est la fête du cinéma : je suis allée voir le film du titre
c'est une conférence d'Al Gore "who used to be the future Président of the USA", à propos du global warming
extrêmement bien ficelé, pléthore de figures scientifiques, d'images choc, d'images pédagogiques, de résultats d'études faites "by my friend n°82"
et honnêtement : dès que je me disais "ouais, mais il oublie un aspect du problème, là" et bien pouf!! voilà t'il pas qu'il nous le dissèque l'aspect du problème
Bush et les USA s'en prennent plein la gueule, sans trop oublier l'Europe, mais en oblitérant complètement les pays du Sud, mis à part la Chine
le tout arrosé d'humour, j'aime bien ce passage là : (retranscrit approximativement)
"voici une image présentée lors d'une conférence de l'équipe Bush. L'objectif était de convaincre les gens que les gestes écologiques nuiraient à l'économie des USA.
On y voit une balance avec sur l'un des plateaux : des lingots d'or. MMMh!! miam miam!! On en voudrait bien des lingots comme ça!! non ?
Et sur l'autre plateau ? ... la planète toute entière !! MMh...je me demande...le fait est que pour avoir les lingots...il me faut bien une planète...non?"
voilà
un peu larmoyant de temps à autre mais très digeste et motivant puisqu'on finit sur une note positive style "we can do it!!", preuve à l'appui et exemple du trou de la couche d'ozone en renfort
le seul problème est qu'il attend le générique pour afficher des phrases comme "utilisez des voitures hybrides, isolez votre maison, recyclez, votez "verts", etc...priez si vous croyez à la prière"
En somme : il ouvre la porte, fait taire les "so cold" sceptiques, maintenant il faut avancer
On y va ?
c'est une conférence d'Al Gore "who used to be the future Président of the USA", à propos du global warming
extrêmement bien ficelé, pléthore de figures scientifiques, d'images choc, d'images pédagogiques, de résultats d'études faites "by my friend n°82"
et honnêtement : dès que je me disais "ouais, mais il oublie un aspect du problème, là" et bien pouf!! voilà t'il pas qu'il nous le dissèque l'aspect du problème
Bush et les USA s'en prennent plein la gueule, sans trop oublier l'Europe, mais en oblitérant complètement les pays du Sud, mis à part la Chine
le tout arrosé d'humour, j'aime bien ce passage là : (retranscrit approximativement)
"voici une image présentée lors d'une conférence de l'équipe Bush. L'objectif était de convaincre les gens que les gestes écologiques nuiraient à l'économie des USA.
On y voit une balance avec sur l'un des plateaux : des lingots d'or. MMMh!! miam miam!! On en voudrait bien des lingots comme ça!! non ?
Et sur l'autre plateau ? ... la planète toute entière !! MMh...je me demande...le fait est que pour avoir les lingots...il me faut bien une planète...non?"
voilà
un peu larmoyant de temps à autre mais très digeste et motivant puisqu'on finit sur une note positive style "we can do it!!", preuve à l'appui et exemple du trou de la couche d'ozone en renfort
le seul problème est qu'il attend le générique pour afficher des phrases comme "utilisez des voitures hybrides, isolez votre maison, recyclez, votez "verts", etc...priez si vous croyez à la prière"
En somme : il ouvre la porte, fait taire les "so cold" sceptiques, maintenant il faut avancer
On y va ?
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