mercredi 21 novembre 2007

renvoi

je viens de publier un message mais il est affiché sous le précédent

et bien...descendez maintenant


zizule

lundi 19 novembre 2007

porte parole

Vous n'avez pas été sages.
Vous avez râlé, Moukmouk le premier.

Voici : (c'est Moukmouk qui parle)

"

Kwe Zizule,

Je joins ma petite voix à la demande de Dodinette pour un retour des lunettes à Zizule.

De fait, chaque fois que je lisais le titre, je ne pouvais m'empêcher d'avoir le souvenir d'une de mes scènes préférées du cinéma. Je ne sais pas si tu connais le magnifique ( et totalement fou) film de Jean-Pierre Jeunet: "Délicatessen" à voir et revoir parce qu'il y a une esthétique tout à fait particulière qui mériterait de faire école.

Dans le milieu de ce délire, la fille du boucher invite à diner, le clown accordeur de sommier. Pour ne pas lui montrer ses lunettes, elle se monte tout un scénario, qu'elle répète et répète sans ses verres. Evidemment cela dégénèrera en une série de tendres catastrophes. Ce n'est qu'un détail dans ce film qui en compte beaucoup, mais il me touche.

Alors c'est un petit plaidoyer pour le retour des lunettes... objet bien encombrant je l'admets, qui met en évidence nos imperfections. Mais ne sommes nous pas intéressant par nos imperfections plutôt que nos banalités?

grosses lèchouilles
Moukmouk

"


donc aujourd'hui, pour vous plaire je vais vous remettre mon nez et mes lunettes dans la tronche, par contre pour vous punir je ne vous parlerai pas déchets.

Na!!!

mercredi 14 novembre 2007

Qu'est-ce qu'on fait avec nos déchets? On peut les enfouir

étape n°1 : je cherche un trou



si possible un avec une bonne couche imperméable dessous, de l'argile par exemple, et avec une nappe bien profonde, bien à l'abri sous quelques mètres de sol.
Le plus souvent malheureusement on utilise les anciennes carrières.

Il faut donc imperméabiliser cette carrière parce que "les déchets ça suinte énormément", et faut pas que ça aille nous contaminer notre flotte.

Je commence par une première couche : une géomembrane en plastique, bien épaisse.




Ensuite je pose des drains pour recueillir ce qui suinte.



Après je recouvre le tout d'argile et de tout un tas de matériaux que c'est super écolo tout ça.



Et cette photo est très pédagogique puisque vous pouvez y voir toutes les couches de protection superposées.



Et après ??

Je remplit.




Les piti z'engin que vous voyez c'est du 400 chevaux, chais plus combien de tonnes, et ça roule à toute allure.


Après ce qui peut être sympa par exemple, et vu que l'on SAIT qu'aujoud'hui est mieux qu'hier, c'est de ressorti les déchets qu'enfouiirent nos parents il y a 20 ans, puisqu'à cette époque c'était encore pire et qu'on ne triait rien de chez rien!!

Donc cela signifie qu'on rouvre les anciens trous,




qu'on creuse, qu'on trie métaux et plastiques.



(j'aime bien cette photo, elle a petit côté apocalyptique)


(pour ceux qui ne me connaissent pas : ici c'est moi)

Ca permet de gagner 30 % d'espace en plus et de se faire un petit chiffre d'affaire en revandant le métal (c'est facile) et le plastique (aux chinois).



Après quand le trou est plein, et pour reposer vos yeux endoloris, on nivelle, on tasse bien, on met des tuyaux de captage des gazs, et voilà ce que ça donne


Comment faire de l'eau potable ??

d'abord tu captes la flotte dans la maison des canards

après tu filtres feuilles, branches, tu rajoute des trucs et des machins pour la floculation (à vos dictionnaires) puis tu la filtres sur un lit de sable.
Puis tu centrifuges, tu mets de la chaux pour finir de sédimenter les petites impuretées, tu recentrifuges, tu concentre les boues.

Après tu ozones l'eau de manière à la désinfecter, ça fait une zoulie lumière bleutée.
Tu filtres sur charbon actif, tu rajoutes un peu d'eau de javel, un peu de soude selon la saison.

Tu fais passer le tout dans tout plein de tuyaux.
Et puis tu stockes les boues pour les vendre aux agriculteurs pour mettre sur leurs chaps.

Et après tu vas acheter du pain bien bio.

huhuhu




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mercredi 7 novembre 2007

les déchets ça peut faire peur

"Bonjour Madame. Je suis missionnée par le Conseil Général pour interroger les entreprises du centre ville en ce qui concerne leur gestion des déchets. Vous avez du recevoir une lettre vous avertissant de mon appel en vue d'un rendez-vous."

"eeeuh...non. Mais vous savez ici ce sont des Pompes Funèbres, à part du papier on n'a pas de déchets."

"Certes, certes Chère Madame, mais ces papiers sont bien des déchets et il me faut absolument leur dire bonjour. Mr Votre Patron est-il là ? puis-je lui parler ?"

"et bien non il n'est pas là....mais...(ton angoissé)vous savez que...et bien...qu'on ne gère pas les déchets humains, n'est-ce pas ?"

"...(ton abasourdi, genre "quoi ! tu crois quand même pas que je t'accuse de trafic d'organe, ou bien ??") mmmeuh non!! ciel!! ouh ! quel méprise, grands dieux !! huhu c'que v'z'êtes drôle vous alors les croquesmorts!!"


"Ah! bon vous m'en voyez rassurée. Mais Mr Mon Patron n'est pas là, vous devrez rappeler"

"Of course chère Madame, je m'en réjouis d'avance"
(c'est pas comme si on était 17 à devoir décrocher un rdv avec 6 entreprises chacun...le tout avec 1 téléphone"

lecture

"Le président Bush, environnementaliste convaincu, ..."

qué ??

ah ouais d'accord : année d'édition 1990

vendredi 2 novembre 2007

c'est long mais ça en dit long

nos amis les grecs, toujours eux, ont posé les 1ers principes concernant nos rapport aux déchets et à la qualité de vie :

Aristote, dans Le Politique, préconise de distinguer les cours d'eau selon leur usage : source pour l'eau potable, rivière our les autres activités.
A cette époque les déchets sont évacués en-dehors de la cité, à un stade des fortifications.


Hippocrate, dans Le Traité de l'Air, de l'au, des Lieux, pose les bases de l'hygiénisme (repris seulement au XIXe s), de l'assainissement, de la salubrite, ... et...de l'architecture bioclimatique !! (reprise seulement aujourd'hui)



Ensuite, évidemment, les romains.

Vitruve, dans De architectura (-27 av JC) parle de promenades, de vert, de bie-être, d'hygiène, de ventilation des rues, ...

Rome, de -500 à -27, avait un service d'évacuation des déchets, des trottoirs, des égoûts, des systèmes d'adduction d'eau (captages, aqueducs de 10e voir de 100e de km, châteaux d'eau, fontaines publiques et privées, puits, citernes).
De quoi permettre aux 1 millions de romains de disposer chacun de 1000l d'eau par jour (3 fois plus qu'aujourd'hui).

A cette époque on commence à drainer les bas-quartiers; ces canaux à ciel ouverts sont les cloacae.
Les latrines publiques (jusqu'à 150 places) sont nettoyées par de l'eau vive : vous "faites" au-dessus d'un torrent.

Le plus remarquable sont les châteaux d'eau : ils comprennent trois sorties. La plus basse alimente les fontaines publiques, celle juste au-dessus les thermes, la plus haute les fotaines privées. Ainsi en cas de sécheresse, le peuple est toujours servi.

Rome a aussi sa "ceinture de Jardins", autour du Champ de Mars, qui a perduré malgré les explosions urbaines.

etc etc



Arrive le Moyen Âge.

De nos jours notre inconscient collectif garde en mémoire une ville du moyen âge insalubre, poisseuse, marécageuse, nauséabonde, empestée, etc.
Or cette ville là n'est que la seconde ville du Moyen Âge.

La première possède moult canaux (dont un dessert spécialement les établissements nobles et "publics" : "le merderon")pour les métiers de la rivière : les teinturiers, les tanniers, etc... (Il faut rappeler qu'au XVIIIe s, 50% des villes européennes ressemblent à la Venise actuelle)
Ces différentes activités produisent des "déchets" (notion encore anachronique mais qu'importe) : l'alun qui fixe la teinture, le tan qui imperméabilise, la chaux qui gonfle les peaux et dégraisse la laine.
Or il se trouve que l'alun accélère la sédimentation, le tan limite la fermentation et la chaux décante !!
Ce qui permet à nos ancêtres de ne pas baigner dans l'innomable et de contenir les épidémies.
Les activités étaient judicieusement placées sur le système hydraulique de manière à ce que le tan ne gêne pas l'alun, que les peaux des "massacreries" soient directement livrées aux tanneurs via le canal, etc...


CA, cela s'appelle de "l'écologie industrielle".


Arrive ensuite la 2e ville médiévale, avec la guerre de 100 ans.
On fortifie alors, on creuse des douves. Résultat : l'eau devient stagnante, les canaux ne sont plus d'eau vive, et n'évacuent plus les polluants organiques.

C'est à cette époque que le drap (laine qu'on dégraisse dans l'eau vive) devient de la toile (chanvre, lin qu'on fait tremper, "rouisser", dans l'eau calme); le parchemin le papier (chiffon fermenté).
La pourriture sur les murs, le salpêtre, est utilisé pour la poudre à canon.

Emerge alors ce qu'on appelle une "civilisation du fongique" : lé déchet, le pourri, le nauséabond devient symbole de protection, de richesse.
Dans La Pharmacie de la merde (auteur inconnu) on explique doctement que se badigeonner d'excréments protège des miasmes.

C'est alors que surviennent les grandes épidémies.
Et c'est ici que l'on se rend compte que géopolitique, système de pensée, économie et écologie sont intimement liés et interdépendants.





XVIIIe s : l'aérisme, le siècle des Lumières, on recherche le "bon air" ("on" = classe aristocratique, of course).
Ici s'opère une révolution olfactive (comme quoi les structures mentales commandent les sens) : on se rend compte que...comment dire...que ça pue.

Du coup : parfums, fumigations, villes fleuries, villégiatures d'été (exemple : tous les châteaux de la 1ere couronne de Paris : Boulogne, Vincennes, ...), tourisme de cure, ..., on draine, on pave (inusité depuis les romains), on ventile, on crêpit les murs à la chaux pour repousser le salpêtre, on invente le vasisdas, on fait sonner les cloches et tirer les canons pour faire vibrer l'air, on invente le lit d'hôpital et la tombe individuelle, le couloir et les pièces à fonctions différenciées...

En somme, nous avons en parallèle : l'apparition de la notion d'individu en tant qu'autre, la privatisation du déchet ("je ne supporte plus tes odeurs, tes déchets"), le refus de la promiscuité.




XIXe s : l'hygiénisme avec Pasteur, Haussmann.
On dédensifie : on ouvre les boulevards, on dégage les parvis, on rase les Halles, on ventile, on connecte, on assèche, on comble les canaux, on bitume, on imperméabilise, on enterre l'eau, on créé des "espaces verdoyants".



XXe s : l'urbanisme moderne, avec la Charte d'Athènes, Le Corbusier, la ville socialiste, l'ultra-hygiénisme.
On rase les centre-villes, on standardise, on fait abstraction du contexte topographique/historique/géologique/..., on zone la ville en fonction (habiter, travailler, circuler, se récréer), on favrise l'hypermobilité.



XXIe s : n'a pas encore de nom.

On essaie de redensifier les villes : pas facile puisque nous avons toujours une représentation mentale négative de la densité, issue de l'hygiénisme.
On rouvre des canaux (la Bièvre à Paris, Rochefort), on préserve les marais (rempart contre la perte de biodiversité, éponge des inonsations, espaces récréatifs, culturel, ...).
On essaie de ne pas imperméabiliser le sol : laisser un espace entre les dalles, laisser passer l'eau dans le sol, laisser le sol épurer l'eau.
On "verdoie" : les berges, les parcs ne sont plus des pelouses, des espaces "verts", mais ce doit être des espaces "verdoyants", anarchiques.
On préserve les vieux centres, on met en valeur l'existant naturel et culturel.
On essai d'utiliser les matériaux de construction locaux, patriculiers à chaque ville, à chaque cas.
On favorise, on essaie, la mixite fonctionnelle et sociale des espaces.




Bientôt, qui sait, si le temps nous le permet, on arrivera au niveau des grecs.