dimanche 3 mai 2009

Adoption avinée

Personnages de la pièce :

Béa : honnête artisan
RedFace : ami malhonnête et client 
Zizule (sans commentaire)
SDF : bourré
Patron : du bar
Blondasse : crétine
Crétin : de la crétine


Scénario :

Béa et Zizule bossent et/ou font semblant de bosser. L'ambiance est (méta)studieuse.

Arrive RedFace.

Dialogue :

RedFace _ "La caisse ! ou ch'cass' tout!"
Béa, sans lever la tête _ "Salut !"
RF _ "Ca va, merci d'demander. Je rentre de tournée."
Béa _ "Ah ?"
RF _"Problème à ma clarinette."
Béa, large sourire _ "Hinhinhin..."


Pendant que Béa répare, RedFace passe en arrière-boutique saluer Zizule, et en profite pour la demander en mariage (décidément c'est une manie) et/ou lui faire des propositions indécentes.
Zizule l'envoie gracieusement ch... sans lever la tête de l'appel d'offre ("Etude et assistance à la mise en oeuvre du développement durable chez les papous immigrés en Lettonie") à laquelle elle est en train de répondre.

Imperturbable, RedFace nous invite boire un coup au bistro du coin, en ces termes nobles et engageants : "En voiture Simone, c'est moi qui pilote !" (n'est-ce-pas que c'est noble et engageant ??)


5 minutes plus tard, le trio est confortablement installé au soleil, chacun sa bière. RedFace continue ses propostions indécentes et Zizule s'amuse à lui débiter des réponses de plus en plus incohérentes. La vie est belle.


Arrivent successivement Blondasse, son Crétin et SDF.

Blondasse et Crétin s'installent en terrasse. 
Saoûl du Front, qui très clairement n'est pas tout seul dans sa tête, accoste l'heureux couple et commence par taxer une clope à Blondasse qui obtempère.

Mais il était dit que l'oubli que procure l'alcool ne devait pas s'arrêter là, et Sans Dépendance Fixe demande illico une deuxième clope.

Blondasse, car elle est blonde ne voit pas dans quoi elle s'embarque et sort une deuxième clope. Mais voici que Patron sort de son bar, fonce sur Sans Déflagration Fixe et s'insurge : "Dégage de mon bar, ça fait une semaine que tu taxes tous mes clients !"

SDF - "Beuûrgh mé j'veurg gune r'vune cloûp..."

Et les choses en suivant d'autres, un coup de poing part dans le sens Patron-Sans Défense Fixe. Ce dernier s'affale au milieu de la route. (Mais c'était pas comme dans Bébel parce que le coup de poing il a fait "cgn'h!" et pas "ZBANG'OUT'CHHHH!!!")

Blondasse qui jusque là n'avait pas protesté, s'insurge : "Non mais ça va pas ! Est-ce que je vous frappe moi ?"


(Pendant ce temps, Béa, Zizule et RedFace, restent tranquilles au soleil, sans savoir comment réagir et même à se demander si finalement ils avaient vraiment envie d'intervenir.)


Patron, vénère grave, s'engouffre dans son bar, suivi par Crétin qui va chercher de l'eau et un mouchoir pour Seize Demi Foutu.
Blondasse le suit et au passage, fusille Béa du regard et hurle : "C'est honteux ce que vous faites !"

Bea _ "Mééééuh, keskejéfé ????!!"
Blondasse _ "Oui ôh bon ça va hein ? Tout le monde sait que vous êtres la fille du patron ! Et moi aussi je mange ici tous les jours et c'est pas une raison pour frapper les gens !"


...


Zizule, après 2 secondes d'hébétude, lance un vague : "OOhéééééooooooôÔÔÔÔ!!! Ca va oui ?" (admirez le style)

Mais Blondasse, emportée par son élan et la prise au vent de sa chevelure n'a pas le temps de comprendre que par là, Zizule voulait en fait soumettre à son jugement les points suivants :
 
1° Elle est charmée que le quartier ait une si haute estime de Béa
2° Mais que malheureusement Béa n'est pas la fille du patron du bar
3° Qu'elle y mange peut-être une fois par semaine parce que mon Dieu, 7 onglets de boeuf la semaine on lui a bien dit que c'était limite (mais elle ne se rappelle plus qui)
4° Elle est bien d'accord avec le fait que l'onglet de boeuf n'incite nullement à la violence urbaine mais plutôt à l'apathie horizontale (position que semble d'ailleurs avoir adopté Sans clic-clac Fixe)


...


Perplexe, Zizule finit sa bière, regarde pensivement les reliquats de la scène et se demande : "Quelle accroche je vais bien pouvoir trouver pour bloguer tout ça..."

10 commentaires:

Dodinette a dit…

j'aime bien les considérations sur l'onglet de boeuf :)

par contre j'ai tjs pas compris pourquoi la Blondasse a cru que c'est Béa qui a frappé le seudeufeu ? elle est bigleuse en plus d'être conne ou bien ?

zizule a dit…

Ben oui. Mais en fait Blondasse n'a pas accusé Béa d'avoir frappé mais de cautionner l'acte, et sous prétexte de solidarité familiale de le reproduire au moindre quidam qui passe.

...


Béa, la terreur des villes et des Blondasses.

Bea a dit…

Oui, Béa la terreur des villes et des blondasses, et aussi vainqueuse du concours Lépine (enfin pas exactement mais presque) ! Alors qu'elles y viennent les blondasses, qu'elles y viennent !

kapap a dit…

Ouais, c'est pas mal: ça vit, les personnages sont bien campés,le style est enlevé...

Suggestions: une didascalie introductive pourrait avantageusement décrire le décor: échoppe de l'artisan au labeur.

Il faut aussi travailler la chute, qui n'est pas tout à fait à la hauteur de l'intensité magnifiquement créée par le bourre-pif et l'algarade qui s'en suit.

Quelques options:
(1)une saine et franche explication en langue vernaculaire entre béa et la blondasse, genre toccata et fugue avec Zizule et Crétin en contrepoint. Redface en moderato observe finement que la blondasse n'est en fait qu'une décolorée. La tension baisse immédiatement, l'intéressée reconnaît que pour achever de séduire Crétin elle a oté ses verres de contact. Chaussant ses lunettes elle réalise que béa n'est autre que son ancienne meilleure copine de maternelle perdue de vue depuis si longtemps. D'où chaleureuse réconciliation scellée par une tournée générale offerte par le patron qui adopte d'ailleurs la blondasse comme sa fille pour faire bonne mesure.La réputation de l'estaminet est sauvée, SDF est rechargé et pointé à nouveau dans la bonne direction. Crétin, dégrisé disparaît dans le couchant avec SDF
(2)l'explication en langue vernaculaire échauffe les esprits jusqu'à l'incandescence. S'en suit un crépage de chignon qui dégénère en rixe de saloon. Un pianiste apparaît pour accompagner l'action sur un rythme endiablé, les bouteilles volent et les pompiers du voisinage arrivent en canot pneumatique pour combattre l'inondation et sauver les survivants.
(3)SDF se redresse tout seul et enlève ses vêtements, c'est en fait une sculpturale philosophe gymnosophiste qui démontre la puissance de sa pensée et entre en lévitation. Prosternation de tous les autres participants qui se déshabillent à leur tour et deviennent ses disciples. On vote à main levée: le bar devient un ashram. Redface demande la philosophe en mariage.

(4)Autres options disponibles sur demande.

lilousse a dit…

dites donc, l'anonyme a l'imagination fertile !

moi j'aime bien les surnoms du SDF, ils sont tous très bien trouvés :)

zizule a dit…

Moi je dis : Kapap c'est lui le gymnosophiste. Y lévite grave !

zizule a dit…

4h plus tard : Zizule vient d'apprendre la véritable identité du mystérieux Kapap.


Après 2 minutes d'encéphalogramme plat, elle a enfin compris d'où ça lui venait...son côté zizulien.



...


Hommage

Dodinette a dit…

ya pas eu usurpation d'identité entre kapap et perséphone là ? O_O
;)

vg a dit…

nonon !

Bea a dit…

Un commentaire de Kapap ???? Est-ce possible ? Et en plus, pas des moindres ! Nous savons tous maintenant d'où vient la verve de Zizule.
Son nom , il le signe de la pointe de l' épée, d'un K qui veut dire KAPAP ! KAPAP !