dimanche 30 décembre 2007

il existe un endroit

entre la Corée du Sud et la Corée du Nord


cet endroit de 243 de km de long et de 4 km de large, est un no man's land, miné, où personne n'a pu rentrer depuis 1953, et qui sépare les 2 Corées



et bien , Mesdames et Messieurs, cet endroit est un havre


farpaitement


car il abrite aujourd'hui les derniers spécimens d'espèces aujourd'hui disparues dans les 2 Corées : l'ours noir d'Asie, le lynx, le cerf porte-musc, le cerf d'eau, la martre à gorge jaune, le goral (une chèvre de montagne en voie de disparition), la panthère de l'Amour (quasiment éteinte), grues du Japon, grues blanches, grues à cou blanc, ouettes de Magellan, oies des moissons, oies des neiges (disparue en Corées, abondante dans cette zone démilitarisée, ...



totalement protégées de toute incursion humaine (à part les pluies acides et les hauts parleurs hurlant des insanités de part et d'autre des barbelés) depuis plus de 50 ans






Pourquoi ces espèces ce sont-elles réfugiées ici ?
sur ce terrain miné
coincé entre 2 millions de soldats
...


et bien parce qu'au nord : les labours se font à la main, et on y ramasse la moindre graine qui traîne, ne laissant plus rien aux oiseaux, donc aux panthères.
Les autres espèces qui survivent aux hivers de -30°C, sont mangées par les paysans affamés.


Au sud : la mégapole, l'industrialisation, la déforestation, les voies express etc...enfin on connaît la chanson





Personne ne l'admettra mais tant que durera cette guerre, survivront toutes ces espèces.

vendredi 28 décembre 2007

aujourd'hui nous apprenons un nouveau pays. Quel est-il ?

In other countries, dynasties are episodes in the history of the people. In the.... ..., peoples are a complication in the history of the dynasty."



In 1918, as Clemenceau rather brusquely put it : 'L'...., c'est ce qui reste."



"If you don't keep a grandmother in..., you may well keep a dog or a cat. Canine pets have rached such numbers in V... that 15 tons of faecal matter are deposited monthly on the city streets. (...). A democratic solution to dog shit has yet to be found."



"Hand-shaking is a national pastime and latecomers to committee meetings hold up processings until all available flesh has been pressed."



"They are used to heavy food and can despatch astonishing quantities of it very rapidly and in a manner that might be said to display grace under pressure."



"Fal de rih, fal de rah, fal de ra ha ha ha, ra ha ha ha, rah!"



"As far as the V... are concerned, a good day's rambling in the dark and gloomy W...wald is just what the doctor ordered, and can be combined with the ritualistic activity of Schwammerlsuchen, mushroom hunting.
In the late afternoon, comes the climax of the day, a Jause, euphemistically described as a "snack", but to non-... a full meal."



"Unlike the happy wanderer, the urban hiker's hat sports a number of subtle differences of cut and presentation, for example, the addition of silly badges."



"The A... sense of humour was admirably summed up by a general, who reacted to the approach of yet another military catastrophe with the airy observation : "the situation is hopeless, but not serious"."




source : Xenophobe's guide to the A...", by Louis James, 1994

mercredi 26 décembre 2007

reponse à votre honoré du tant

je vous dire moi, ce qu'on fait quand on a fait ce qui est marqué au post précédent :


on se tape un méga intoxication alimentaire (j'avais oublié de vous parler des crevettes)



et on dégueule en plein déménagement du jeune couple tout tendre et tout mignon (qu'y z'ont que ça à faire un 26 décembre : de déménager, nan mais j'vous jure)




affablement appuyée contre le poteau du parking



et sportivement soutenue par maman (qui ne trouve rien d'autre à faire que de se bidonner en douce en m'apportant une bouteille d'eau)




merci maman

mardi 25 décembre 2007

que fait-on ?

que fait-on lorsque l'on croit avoir avalé l'équivalent du tiers de son propre poids en foie gras, dinde au marron, tarte au citron meringuée, dattes fourrées, meringues aux noix tellement sitzengeblieben qu'elles en deviennent carrément lied down, salade de fruits, macarons, fromages divers et variés (plus dans la variété puante et coulante que sans odeur ni couleur),

le tout : 3 fois en 1.5 jours





je vous rappelle que pour faire le fameux foie gras on a gavé la bestiole pendant quelques semaines avec l'équivalent à taille humaine de 24 kg de spaghettis 4 fois par jour



alors ? me sens-je comme l'oie ?




ou plutôt comme l'ours polaire à la fin de l'été qui retourne poussivement et blindé de graisse dans sa tanière pour y faire un bon gros dodo digestif de plusieurs mois ?



plutôt comme l'ours, je dois vous avouer

quoique j'ai peur de me coucher

oui j'ai peur que "ça" ne...déborde

oui, comme dit si élégament mon papa, "j'ai les dents du fond qui baignent"





...







merci papa

lundi 17 décembre 2007

la vvvieille en vvvvvison

ce matin

réveil

douche lavage de cheveux

habillement :

collants+pantalon,
t-shirt+gilet+pull,
châle+manteau+re-châle sur la tête, bonnet,
gants,
gros godillos

et pour cause : il fait 0°C (c'est ça rigole, Dodinnette)


je file au supermarché m'acheter 2 pains au chocolat pendant que je vois le tramway passer

je me dis chic j'attrape le prochain




je vais à la caisse


y a cette petite vieille là que nous connaissons tous qui se glisse mine de rien avec un grand sourir hypocrite devant moi

qui radote

enveloppée dans son vison

et qui A LE CULOT !!!! DE ME DEMANDER 60 CENTIMES POUR S'ACHETER SES BONBONS !!!!!!!!

NON MAIS JE RÊVE

"QUE NON", lui dis-je, "j'ai pas"

"Ah ben, mademoiselle la caissière vous pouvez sortir de votre caisse faire le tour de la barrière et aller me chercher des bonbons moins cher ? merci"

Moi : "grumopflblbl"

La vieille : "je radote je radote je te raconte ma vie et je te fais ch..."


Bon

Je paye finalement je me tire, je me dis qu'il faudrait quand même que j'arrive à l'heure à la fac j'ai un contrôle

BOUM : "En raison d'un incident technique le réseau TRAM est perturbé"

Faich'

jeudi 13 décembre 2007

lecture

ben voilà,

Perséphone vous a abreuvé de 3 posts

moi de quelques'uns sur les déchets

ça m'aura donné quelques semaines de paix vis-à-vis de la rédaction de mon blog et de la tenue en haleine de mes spectateurs

aujourd'hui vous me voyez sans masque, sans fards, sans parade

et pour cause : JE N'AI RIEN A VOUS RACONTER

du coup j'en reviens à ma lecture du moment : La Théorie des Cordes, de José Carlos Somoza

un polar dans le monde scientifique. Les héros sont des physiciens théoriciens, et ont trouvé un moyen d'ouvrir la boîte de Pandore et de faire un bouquin de 500 pages, absolument pa-lpi-tant, angoissant...TERRIBLE
ça m'empêche de dormir, ça m'obsède en cours, je l'emmène partout avec moi même si je sais que je n'aurai pas le temps de le lire, je lis même en faisant la queue à la caisse du supermarché, en laissant tomber les patates !!



Connaissez-vous un bouquin qui vous fait le même effet ? donnez le moi !!!

mardi 11 décembre 2007

môman

ma sainte mère est quelqu'un d'assez étonnant

j'ai décidé l'autre jour de me pencher sur son cas (avec son humble accord)



Madame est une expatriée. Elle est venue de la Lune (seule explication plausible pour expliquer l'existant) pour se marier sur Terre avec un Grand Barbu Blond qui s'est empressé de l'emmener manger des wienerschnitzerln pour lui souhaiter la bienvenue.

Madame est une adepte du recyclage, c'est à dire qu'elle affectionne récupérer sur les trottoirs ce que d'autres ont jugé bon de bazarder.
Nous avons récupéré comme ça des tables, des lits, des vélos, que sais-je encore.



Mettons nous en situation.



Il y a quelques années Madame s'en va à la messe. Elle croise sur le trottoir des malles en plastiques (qui ont depuis changé 3 ou 4 fois d'adresse). Ces malles sont propres, en bon état, et "sûrement que dans les 15 prochaines années ça pourrait servir", qu'elle se dit.



"Allez viens', qu'elle dit au Grand Blond Blasé, "on les volera après la messe"

vendredi 7 décembre 2007

Perséf' : 3ème round

Jour 3 Méditation hivernale


L'étrange effet du froid sur les silhouettes! et sur le fonctionnement presque accéléré de nos cervelles comme enhardies à l'action – et pour P. qui n'a pas dormi beaucoup cela signifie plus de rigueur, plus d'austérité, plus d'application dans la réalisation de son travail. Et si! sans doute, le froid avive l'intelligence de ceux que les travaux de brutes du déchiffrement de l'ancien français rebutent à ces heures matinales.

P. s'abandonne à de poétiques rêveries en descendant le nez au vent gelé la rue de Belleville. Il lui semble que la grève et ses multiples effets pervers sur l'achalandage des bornes à Vélib' se sont réduits à une faille dans l'entendement qu'elle a de son Créateur. Elle s'élance fervente et court entre les poubelles retournées. Tout est simple puisqu'elle dort dans son gilet fourré.

Laissons nos âmes frustes s'élever quelques lignes sur les ailes délicates de la poésie lyrique, et prendre au gré des rues, des pavés et des squares le rythme presque intime de la marche dans Paris, cet étagement superbe des piétinements de la foule déshabituée du sport, du pas nerveux et vif des quelques hommes d'affaires qui se pressent au travail, de l'avancée conquérante et précipitée de notre narratrice, pour l'instant endormie, mais décidée quelque part au fond de sa cervelle meutrie à vaincre la distance. Cette harmonie c'est la grève, ce pas rythmé c'est Paris qui se soulève. (Excusez-moi, je crois que je plagie Michelet)

Déjà un peu héberluée des conséquences de la vinasse et du coucher tardif P. pâtit un peu plus de la surpopulation des avenues.
On dirait que la moitié des Français ont réappris à faire fonctionner leur corps. Qu'ils s'y prennent avec la maladresse touchante et insupportable des malades qui reprennent l'habitude de parler après un grave accident.
P. s'abandonne à la contemplation morose de son Paris, non pas celui des marcheurs, mais celui des immeubles qui, par un hasard insigne, ne sont pas haussmaniens dans ces régions nordiques, mais gagnent au soleil de novembre un lustre minéral qui lui rappellent Braudel (si si) et les cours de sixième sur le quartz et les pierres qui brillent.

Emboutissant par-ci, emboutissant par-là, elle se souvient d'une nuit, passée en compagnie sur les Champs-Elysées, et absolument ratée: comment rentrer alors, à près de deux heures et quand le quartier reste, hormis dans ses axes les plus fameux, inconnu et hostile?
Conclusion de la blonde: allons en bus.
Conclusion de la brune: allons en Vélib'.
Conclusion vérifiée: puisqu'il n'y a ni l'un ni l'autre, allons à pied.

Les arrondissements de l'Ouest sont vides et mornes et déprimants. Mais autour de la rue Montaigne, Rue de la Mode – et non rue à la mode! - les arbres dessinent sur les façades blanchies à la lumière de la lune des formes étirées qui évoquent très franchement les décors métalliques de nos féeries de Noël, dans les classes élémentaires de Marmande. P. sent toujours se retendre en elle quelque ressort mystérieux de son humeur quand elle aborde les quartiers bourgeois. Et l'enthousiasme des deux autres jeunes filles de l'aventure ne nuit pas au climat de conte – dans les façades glacées, dissimulées parfois par de gros sapins verts que leurs propriétaires l'âme artiste ont égayé de boules de verre et d'objets en acier, reluisent des particules de mica. Ou bien ce n'est pas du mica. Comment savoir, tout le monde n'est pas scientifique. En tout cas seuls les quartiers bourgeois savent reluire ainsi la nuit. Cette constatation stupide lui arrache quelques larmes.

Revenue rue de Belleville de sa rêverie diurne P. songe qu'elle doit se hâter. Il lui apparaît aussi que pour la cohérence de sa narration elle a tout intérêt à arriver bientôt aux péripéties de la soirée, portées par le souffle pathétique de la Grève et du Peuple. Evidemment à l'heure de courir vers l'ancien français elle n'imagine pas encore les complications à venir, mais nous, qui bénéficions à sa place du recul commode du temps, y pourvoirons pour le lecteur.

P. qui se targue d'avoir une vie sociale compliquée sait d'avance qu'en restant rue d'Ulm jusqu'à des heures avancées elle n'a aucune, mais aucune chance d'avoir un moyen de transport décent qui la ramène à ses logis; mais elle préfère risquer sa vie sur une ferraille déboulonnée que mourir d'ennui tout l'après-midi en feuilletant des revues dans sa chambre: à vingt-deux heures, silhouette massive dans son manteau de bourgeoise qui lui fait paraître cent kilos, elle descend de l'Annexe et entame vers le Panthéon un périple de six minutes qui lui laisse dans la bouche un premier goût d'aventure.

Dans cette histoire nous devons reconnaître que P., en général, imagine un peu sa vie et toutes les péripéties qui l'emplissent – j'entends par là qu'elle-même se crée des complications, à la recherche, d'abord, du fameux frisson d'angoisse qui lui parcourt immanquablement l'échine au moment de les subir, ensuite, du plaisir un peu vain de les raconter dans les interminables dîners qui rythment son existence désoeuvrée. Et de les raconter aussi dans ces pages (imaginez un peu qu'elle se fourre dans ces situations pour vous servir de la chronique!).

J'en viens au fait: P. dans la rue, alors que pour l'instant rien de bien grave n'est arrivé, qu'aucun poivrot n'a cherché à la molester, et qu'elle n'a pas même la certitude positive qu'elle ne va pas, ne peut pas trouver un Vélib' dans les six minutes qui arrivent, se suprend déjà à parler toute seule. C'est sa manière d'exorciser la folie et le meurtre.
Lorsque par hasard elle trouve une borne, elle lui parle. Elle parle au vélo qu'elle pourrait choisir (mais qui n'a pas de pneus). Elle parle au petit clavier dont les touches déglinguées s'enfoncent sous ses doigts hésitants. Elle parle à son abonnement, à sa main droite, et parfois aux passants quand par malheur son enthousiasme de solitaire refoidie la fait se détourner des choses inanimées vers le grand monde des hommes. Alors une confusion grotesque s'empare de son visage. Mais déjà le passant est loin.

Comme d'ordinaire les quatre premières bornes du chemin sont hors d'usage. Il faut croire qu'au loin d'y glisser avec toutes les précautions de l'amour une carte bleue dans la fente noire les précédents ont tenté d'y forcer un tronc ou la lame hérissée d'une tronçonneuse en action: la borne si par hasard on propose de lui donner de l'argent entame une longue série de piaillements spectaculaires et odieux.

Toujours raidie, toujours parlant toute seule dans ses fourrures et son col en lapin, P. déambule. La voilà face à la Bâtisse Auguste, la Sorbonne tant décriée où à cette heure dorment les milliers d'ouvrages qui alimenteront demain la soif de savoir des enfants, les amphithéâtres et leurs fresques dont les teintes rousseâtres sommeillent à la lueur des veilleuses, les quelques gardiens attardés qui lentement tournent et retournent dans ce temple de la science qui n'enseigne plus rien et entraîne dans ces profondeurs d'ennui toute une génération désireuse pourtant du Progrès.

Bon Dieu, n'est-ce-pas une station pleine ici? Carte. Doigts agiles et comportement sûr: P. décroche son vélo (dans sa hâte elle se tait), y fixe avec lestesse son sac tatoué de chats aux moustaches expressives et se hisse dans dans sa grande lourdeur sur la bécane usée par la course.

Pédalons.

Par extraordinaire aucun des pneus n'a enfilé de bout de verre: péniblement, en soufflant fort, notre héroïne remonte vers le Boulevard. Le Vélib' n'est pas l'engin adéquat des grandes équipées juvéniles au travers d'un Paris désert; quand bien même il serait en état celui-ci pèse toujours vingt kilos et son guidon tourne et vire sur sa tige; mais engagée sans plus aucun souci du monde dans les voies à bus et taxi des dernières rues de la rive gauche P. sent, comme l'on dit chez Marie de France, « le corage li monter en haut », son coeur s'égayer dans la nuit.

Je n'ai pas encore disserté sur les dangers de ces trajets dans le noir. Tous nos compatriotes qui cet hiver de grève se sont essayés au vélo n'ont pas pris tout le temps d'apprendre le code de la route. Je parle de P. en l'occurrence.
Je parle de P. qui distingue rarement les routes à contresens de celles qui s'offrent à ses roues, les vrais trottoirs des terre-pleins minuscules, et les avenues des rues sans risques.
Je parle de P. dont les mains exposées au vent se crispent chaque seconde un peu plus autour des poignées de caoutchouc, et qui, par conséquent, actionne sans le vouloir les freins à chaque frisson le long de ses bras. ( > risque de se casser la binette). A tous les stops, à tous les feux, elle souffle sur ses mains glacées et tente de redisposer harmonieusement autour de sa face les quelques mèches de sa chevelure qui ne sont pas figées encore en stalactites, pour impressionner (peut-être) les cyclistes qui attendent aussi le passage, et sont jeunes, mâles et avenants.

Avenue de la République, voyant qu'elle ne pourra plus rouler car elle n'a plus la force d'actionner les pédales elle se jette en travers en tenant son vélo, non pas sur l'épaule, mais cahin-caha par où elle peut, à moitié entre les orteils; elle traverse. De l'autre côté elle est chez elle.

Reste la montée.

La montée qui autrefois épouvantait les ouvriers de Belleville employés aux manufactures des dixième et onzième, et pour lesquels la Ville a fait installer un tramway, puis le métro, qui court encore sous les rues selon son trajet d'autrefois. La montée - que ce soir P. va franchir toute seule sur son petit Vélib' en miettes.

Rue de la Fontaine au Roi elle ahanne, appuie, gigote et appuie de nouveau, talonnée par les taxis et les enfants de six ans qui debouts sur leurs grandes pattes vont plus vite qu'elle sur sa machine. C'est la victoire de la volonté sur la chair qui se joue à cette heure. Si elle n'avale pas cette côte c'est tout un projet de vie bâti sur la prouesse et la sublimation de soi qui s'effondre à ses pieds. Zut, encore un feu. Pourquoi mettre tous ces feux la nuit? Qui donc a besoin de s'arrêter?

Dans un ultime effort arraché à son corps brisé elle croise le Boulevard de Belleville jonché encore des détritus de la journée et des débris du marché du matin, où se promènent les chats et leurs longues babines noires: engagée dans une voie de cycliste elle fait semblant de pouvoir aller vite, repère une borne – euh, pleine – accélère un petit peu – ue autre borne! Une autre par pitié, que ce supplice s'achève! – la voici – descend, s'appuie à la selle pour ne pas défaillir, raccroche la bête à son plot mérité et s'en va vers le Nord sur ses jambes qui cahotent, raides comme le Casse-Noisettes du conte – le froid, la fatigue et l'orgueil.
J'ai trouvé un Vélib'!

(novembre 2007)

mardi 4 décembre 2007

qu'est-ce qu'on fait avec les ordures ? on peut les incinérer

avec plein de camions



je m'en vais ramasser les poubelles de mes concitoyens.

Malheureusement je suis dans une ville où on ne trie pas encore, alors ça fait pas mal de saloperies.

Avec mon camion-super-et-tout j'amène ma précieuse récolte au centre d'incinération.
Je verse le tout dans une salle de stockage : 10 m sous le plafond + 6m de profondeur sous le niveau du sol.
Cette salle doit être remplie jusqu'au plafond à l'aide d'un grapin (3.5 tonnes) manipulé par un charmant môssieur dont la cabine se situe près du plafond, et où ça pue sa mère, grave.
Par contre la vue est imprenable.







Cette salle est remplie en ... 2 jours 1/2 (250 000 personnes affiliées)

Elle est également soumise à une constante dépression de manière à maîtriser tout départ de feu. Les fours sont également en dépression, de manière à ce que vous puissiez en ouvrir la porte sans rien craindre en matière de retour de flamme.


Une fois que la salle de stockage est remplie, on allume les brûleurs dans les fours pour arriver à 850 °C.
A partir de ce moment le grapin commence à remplir le four.






(ce four là est en maintenance, n'est ce pas)


Sur le sol vous voyez une espèce d'escalator : il avance très doucement au-dessus de brûleurs et d'injecteurs d'oxygène, ceci afin de maîtriser le feu.
Une fois que les déchets sont arrivés au bout du tapis roulant, leur incinération est censée être aboutie, et ils doivent être éteints, comme on le voit d'ailleurs sur cette superbe photo. (prise par la porte ouverte du four, avec les cheveux volants vers le feu)


Il ne reste plus que des cendres, des résidus calcinés etc.

Le tout refroidi, on récupère les éventuels liquides suintants.

Puis on en retire tout ce qui est métallique, on rebroie, et on fait un tas.



Ce tas que vous voyez est tout ce qui reste de une semaine d'ordures.
Il est laissé à l'air libre pour solidification, sur un sol imperméabilisé et drainé. Ensuite revendu à raison de 1€/t, on peut le réutiliser en technique routière, c'est à dire sous vos pneus, en tant que soutien sous l'asphalte.





L'incinération vient après l'enfouissement en matière de tonnes de déchets gérés.


1 tonne de déchets incinérés nécessite
20 kg de bicarbonate, 500 kg de coke, 1.3 kg d'eau ammoniacale pour le traitement des fumées
6 tonnes d'air
250 litres d'eau
85 kWh

et produit
560 kWh (90 % revendu à EDF à 45 €/mWh (moins que l'éolien) , 10 % réinjectés dans l'usine)
3 tonnes de vapeur
300 kg de résidus et cendres (dont 25 kg de métaux)
650 kilos de gaz rejetés après lavage et filtration





En France l'incinération avec valorisation énergétique (c'est à dire production de chaleur ou d'électricité) est considérée comme du "recyclage". Ce n'est pas le cas dans tous les pays européen (exemple : l'Autriche) dans lesquels on observe donc peut d'incinération.

Du coup, la solution consisterait-elle à rier de plus en plus, de manière à produire de moins en moins de déchets en mélange, qu'aucune filière de "recyclage matière" ne voudra reprendre ?

Pas si simple car en Europe on a choisit de limiter le plus possible l'enfouissement des déchets, en augmentant le coût de la tonne enfouit.
Quelle solution reste-t-il quand les déchets ne sont pas recyclables ? L'incinération.

Très bien. Mais donc nous envoyons à l'incinération des tonnages "épurés", "allégés" des papiers (recyclés), des métaux (recyclés), des plastiques (recyclés), etc.
Ce qui reste brûle...très mal. Et le mâchefers produit est de très mauvaise qualité.

Que choisir donc ?

dimanche 2 décembre 2007

Perséphone, 2eme round

Jour 2 La course à la mort

Il n'est plus question de patience. Il n'est plus question de grandeur. P sera fourbe ou ne sera pas. Toute la nuit elle a remué ses orteils glacés en songeant à la remontée, à l'âpreté de l'asphalte sous ses semelles râpées, au défilé inépuisable des bouches de métro barrées. Aujourd'hui Vélib' et aujourd'hui liberté.
Mais face à une borne les ressources de l'imagination parisienne sont proprement terrifiantes. Il y a, entre les divers types d'usagers de ce service municipal, trois grands profils que j'aimerais recenser pour vous:
– l'habituel, le snob, le désinvolte, qui porte dans les quatre grammes cinquante de sa carte Navigo des possibilités infinies de déplacements, puisqu'il lui suffit de tendre le bras au-dessus du plot à vélo pour que la machine se libère
– l'abonné à la semaine
– P qui recommence toujours les mêmes manoeuvres et entre les mêmes codes, par défaut d'humeur créatrice. Elle ne s'abonne qu'à la journée.
Il faut voir qu'à imprimer un reçu à chaque tentative de récupérer un Vélib', on perd beaucoup de temps, et P songe qu'un jour un malfrat lui appliquera sur le crâne un coin de barre de fer au moment où elle enfourne sa carte bleue dans la fente impassible: moyen facile de se faire de l'argent sur le dos des blondes en goguette. D'autant que pour affronter les rigueurs du pédalage, elle a revêtu une tenue sport qu'on peut réellement qualifier d'indécente: un jean serré – des chaussures échancrées – une veste enfin dont la laine à grosses mailles laisse entrevoir Dieu sait combien de choses dans l'esprit pervers des promeneurs. (Nous reproduisons ici le monologue intérieur de P, sans l'assumer bien sûr).
Arrivée place de la République, déjà un peu agacée, P. décide d'user de ses charmes juvéniles pour décrocher un Vélib' en escroquant ses voisins. Station quasi-vide; une famille entière derrière elle: elle prend le parti d'être odieuse et commence à taper ses codes. Mais voilà qu'en face d'elle, de l'autre côté de la borne, un abonné à la semaine dégaine nonchalamment sa carte!
Longue plage de silence dans son crâne.
Elle contourne doucement la borne, en gardant par sûreté une main sur son clavier, et sussure à l'oreille du type:
« Quel vélo prenez-vous?... »
Elle sait pertinemment que sur les quatre qui garnissent à cette heure les fourches, seul le dix-septième est en état d'avancer, et que les autres, obéissant à cela à une grande loi de la Nature, n'ont pas de chance ou pas de guidon.
« Quel vélo prenez-vous Monsieur?... »
Le type relève deux yeux rêveurs.
« C'est que, je m'excuse, il faudrait éviter de réserver le même... On ne sait pas, la borne pourrait dysfonctionner.... »
Sourire fat du Monsieur.
Les doigts de P. se crispent incognito sur son clavier. Qu'a-t-il besoin de réfléchir autant?
« Bien sûr... Je prends le 20. »
P. incline gravement le chef comme à la nouvelle d'un décès. Il lui reste à créer un code.
Le type décroche le 20 et part sur quelques mètres à la dérive sur un vélo sans chaîne, entraîné sans plus rien pouvoir par la machine facétieuse jusque sans doute au premier choc avec un camion de quinze tonnes. P, satisfaite et amusée, détache ses yeux de son clavier. Le dix-sept vient de partir sous les fesses athlétiques d'un abonné à l'année.
Dans une autre occasion cet épisode se serait conclu autrement. P. aurait eu son vélo, mais grâce à l'intervention seulement d'un petit enfant aux yeux en amande, préposé à la résolution des problèmes bizarres. Imaginons un instant que cette histoire soit vraie. Dans cette chronique d'ailleurs tout est vrai, et c'est bien ce qui l'attriste, et moi avec elle, et nous tous, lecteurs, avec cette pauvre fille qui a tant de peine à aller étudier son latin.
Au moment où P, effondrée au pied de la borne, sent s'écouler hors d'elle toute sa gaîté et son appétit à la vie, surgit un gnome aux yeux de braise. Tout d'abord elle ne le voit pas, parce que la famille derrière elle a commencé à s'emporter. La pantomime au pied de la borne leur semble un brin suspecte.
« Mais enfin il n'y a pas de vélos, vous le voyez bien ils sont tous cassés » - elle lance vers les plots sa main paume vers le ciel.
« Si Mademoiselle il y a un vélo. »
« Vous entendez ce que vous dit cet enfant? »
« Non je vous dis qu'ils sont tous cassés c'est ROUGE nom de Dieu, ce n'est pas parce qu'ils sont là qu'ils ROULENT »
« Mademoiselle il y a un vélo je vous assure c'est le mien c'est moi qui viens de le remettre. »
Silence.
« Tu veux dire que, euh, il marche? Enfin, hum, tu l'as essayé?... »
« Ben ouais. Il marche. »
« Ah mais c'est très bien tout ça! »
P. bondit, récupère le numéro 9 et laisse toute la famille en plan auprès de la borne inutile.
Le petit enfant a presque un peu exagéré en disant que son vélo marchait – un peu, parce qu'aux meilleurs tours de roue la machine avance assez bien, et épargnera peut-être une heure de marche à notre héroïne harassée. Mais précisément il lui est interdit de ralentir. Si elle relâche quelques secondes entre les voitures arrêtées la pression sur les pédales, si elle tente de se frayer un chemin à moindre allure entre les passants amassés, elle manque de dérailler – ou du moins, la chaîne cesse de s'engager naturellement là où naturellement elle s'engage, et la trajectoire se dédouble, un peu à droite, un peu à gauche, selon que le poids du corps se distribue plutôt d'un côté que de l'autre.
Eh bien elle ira vite. C'était l'idée n'est-ce-pas?
Pour sûr elle n'aurait pas dû mettre ses lunettes et se rendre du même coup aveugle. A contresens et sur une roue, elle traverse la rue du Renard. Pourquoi vont-ils toujours tout droit, quand elle voudrait aller à gauche?
Dix heures, rue d'Ulm. Elle descend et agite au ciel ses boucles blondes pleines de gel.

mercredi 28 novembre 2007

que se passet-til dans une usine d'épuration ?





d'abord on enlève tout se qui traîne de dégueu dans l'eau (cette eau provient non pas de la rivière, mais directement des villes ou industries raccordées)

ambiance



(ici ce sont des cornichons mais on peut aussi retrouver des couvertures, des outils, des ... dentiers)
(cette dernière histoire est particulièrement savoureuse : un jour une station d'épuration reçoit un appel du député du coin. Celui-ci avoue s'être torché la gueule, avoir vomi dans le caniveau et y avoir laissé son dentier... Est-il possible de le récupérer ? OUI, puisque vous avez financé un réseau d'assainissement hyper performant !!)


ensuite y a tout un tas de trucs mi-bio mi-chimiques pour enlever toutes les traces laissées dans l'eau par les usines de choucroute et de rillettes
(dont une filtration par charbon actif : 1 gramme de charbon actif = 1000 m2 d'interface entre eau et charbon !!!)

puis on brasse l'eau dans un grand bassin où résident tout plein de bactéries

NE PAS SE BAIGNER : on ne flotte pas dans cette eau, impossible d'y nager, on coule direct si on ne meure pas avant de mort toxique




après tout ceci on centrifuge, on truc et on bidule, on récupère le méthane, etc...
voilà ce qui reste avant qu'on rejette l'eau à la rivière (celle-ci est potable mais "faut ajouter pas mal de ricard"...il faudra avant d'être bue qu'elle soit recaptée un peu plus en aval par une autre station de production d'eau potable (voir post précédent))



Ces boues sont séchées et analysées : si les taux de polluants (métaux lourds, détergents, etc...)et de germes pathogènes (bactéries et virus) sont inférieures à une certaine norme européenne on peut l'épandre sur sols agricoles. Sinon on doit stocker dans des centres de stockage de déchets de classe 1, c'est à dire hyper imperméabilisé, conditionné, surveillé, etc.
Il existe aussi une nome d'accumulation des polluants sur 10 ans. Elle ne doit pas non plus êre dépassée.


Certaines stations mettent en place un "truitomètre" à l'exutoire : il s'agit d'une cage contenant une truite (poisson extrêmement sensible aux pollutions des eaux) placée au niveau du rejet d'eau dans la rivière. Si cette eau est encore mauvaise, la truite meurt quasi-instantanément, et on fait alors fonctionner la station en ciruit fermé jusqu'à ce que la qualité de l'eau retrouve la normale.
C'est cruel mais bien plus rapide que les analyses en labo, donc plus efficace.



Autre moyen pour épurer l'eau : le lagunage.
Possible seulement dans les petites communes de moins de 2000 habitants, vu qu'il faut 5mètres cube de flotte par habitant.
Il s'agit d'une succession de trois bassins sur sol argileux. L'eau passe de l'un à l'autre par gravité, les particules de polluants décantent, l'eau est filtrée par des roseaux dont la photosynthèse permet à certaines bactéries de s'installer et de consommer certains polluants, etc.
Au final on rejette dans le milieu naturel une eau souvent de meilleure qualité que celle du milieu lui-même...

Ach! ch'est bôw !

lundi 26 novembre 2007

faut pas pleurer

J'ai trouvé un Vélib'!

par Perséphone



Jour 1 Le film burlesque

P extrait un orteil précautionneux de sa couette en plumes moletonnée. Sur les hauteurs de Belleville le vent se fraye un chemin sans peine jusque dans les intérieurs étudiants, et comme on le sait, mercredi matin, c'est latin, alors l'enthousiasme à issuer du précieux réduit retombe avant que d'être né. L'orteil hésite. Dans la cuisine l'odeur du café Franprix, les remuements délicieux des préparatifs du petit déjeuner sont une invite irrepoussable.
Mercredi matin, c'est latin.
C'est autre chose aussi, mais P l'ignore puisqu'elle ne lit pas la presse. Mercredi c'est chaos social, et donc, corollaire inévitable de l'entrée dans l'hiver (huit degrés: gla), c'est trafic nul sur la ligne 11, entre Châtelet et Mairie des Lilas. P engoncée dans son manteau à larges plis s'en fiche et compte sur les doigts de sa main gauche le nombre de stations Vélib' qui s'échelonnent de sa cuisine à la station Belleville, trois cents mètres plus bas:
« Rue des Pyrénées, ça fait un... euh, rue Piat, deux; deux, et puis de toute façon il y en aura en bas, ils descendent tous la rue, ces marioles, et ils laissent les vélos en bas; donc ça fait trois. Tacite à dix heures sans problème! »
Les jours de grève la surpopulation du métro devient hétéroclite. Autrefois un Américain m'avait confié à l'oreille que les rames de la RATP étaient d'étranges étuves sensuelles; il est probable qu'il entendait par là autre chose que ce qu'il disait, car il n'y pas d'endroit en ce monde où l'on ait moins l'air de se divertir en se frictionnant les reins mutuellement (- souvenir des grèves 2002). Sur le quai s'entassent un contrebassiste, deux Chinoises, et toute une garderie mie-partie en landaus, qui nous transporte vaguement dans les abris anti-atomiques de la bataille d'Angleterre. P opte pour un repli stratégique par les escalators en panne, et lorsqu'on l'interroge
« Oh non, trop de monde, c'est la grève, vous savez,c'est très angoissant. »
Allons-y donc à pied puisque c'est rigolo. Evidemment P se trouvait très originale d'avoir songé aux Vélib' qui sont un moyen de transport rapide et économique – c'est l'abasourdissement complet quand elle en surprend deux, puis trois, puis d'autres encore attachés aux barrières, aux lampadaires et aux cafés par de puissants verrous, en prévision de la ruée du matin (qui est finie depuis une heure); il y a donc eu des gens pour payer toute une nuit de location qu'ils n'ont pas mise à profit, et s'accaparer ainsi un service qui, rappelons-le – indignation subite – est municipal, communautaire, et démocratique, bouârk! Et à Couronnes, est-ce-que...?
A Couronnes non. S'ensuivent les premières frémissements. Comment être dix heures chez Tacite, alors qu'en hordes mornes les Parisiens de l'Est se dirigent vers le centre, encombrent les trottoirs, les rues et la chaussée; alors que les camions comme délivrés du bon sens défoncent les poubelles au moment où l'on passe; alors qu'entre les étalages serrés de pastèques chinoises et de courges les vélos circulent en toute liberté? Un autre latin a écrit sur cette stupeur de la ville qui va être assaillie, c'est Tite-Live et c'est Rome, et nous, sur nos trottoirs empopulaciés, nous sommes les Gaulois et nous allons vers la Curie.
La marche c'est amusant mais en général c'est l'été, et P aime se sentir maîtresse de ses déplacements, c'est pourquoi, tout obnubilée par les reflets chrolophylle des plots à Vélib' en état, elle court vers République, elle court vers les Arts et Métiers, et toujours rien, mais des rangs de plus en plus denses de Parisiens nerveux et peut-être mieux informés – là! Rue du Renard. Un vélo. Bien sûr personne ne connaît la rue du Renard, à part les trois morveux qui vont travailler à la BPI les jours de semaine pour s'envoyer des mimiques lascives; hop, technique Vélib', on pianote, on enfourne,on décroche, maîtrise de l'objet et du matériel, les pans du manteau déployés en grande queue, et c'est parti pour huit centimètres – jusqu'à ce qu'à la réflexion, un Vélib' sans chaîne, non vraiment, ça ne suffit pas. Par fierté P refuse de le fixer au plot dont elle l'a ôté. Elle ira plus loin. Elle maîtrise. Sur les trottoirs comme tout à l'heure, mais avec vingt tonnes de ferraille, elle court vers le Quartier Latin.
Jour 1 – soir
Mercredi matin, latin. Qui a dit cela? On ne lit pas de latin quand la Sorbonne est occupée. Mais on veut bien rentrer sous une couette moletonnée qui offre contre le froid une barrière illusoire et néanmoins moelleuse. Pour cela rien de plus simple: ce matin à dix heures, est-ce-que toutes les bornes près de la Sorbonne n'étaient pas abondamment pourvues en Vélib'? Est-ce-qu'elles n'étaient pas vertes commes les feuilles du Palais-Royal dont Desmoulins a fait des cocardes, les enseignes de l'espérance et de la réforme des coeurs?
Paris raisonne d'un seul bloc. A dix heures tout le monde veut le cinquième, à vingt-et-une on veut Belleville: les bornes sont vides ou défoncées. Rue d'Ulm, rien. Rue de l'Estrapade, rien. Rien Cujas, rien. Rue des Ecoles, rien. Rue de la Sorbonne, rien. Rue Lagrange – ah! rue Lagrange. Une loupiote. Les gestes, gourds, les yeux, brouillés des larmes du grand froid – agir vite, avant qu'un touriste, un étudiant... Non, finalement, personne n'en veut de celui-là, et P sera seule à y fixer son bagage avec l'exultation du triomphe, de la jeunesse et des grands soirs!
Glong.
Glong.
Glong.
Serait-ce donc que la roue avant est crevée?
Glong
Se débarrasser de ce machin ridicule.
Glong.
Il suffirait que la doublure du manteau se prenne dans la chaîne...
En allant vite on résout souvent des problèmes – glong glong glong – non on les crée et les multiplie, et sans doute qu'en plus de n'avoir qu'une roue la machine déraillerait, et voici la mort pitoyable au milieu d'une avenue écrasée par un bus (pas de bus. Par un autre Vélib'. Par une poubelle.)
Une borne rue du Temple. Le sens oublié des découpages naturels de la ville de Paris s'éveille au fond de sa cervelle gelée: rue du Temple – République – maison, lâchons cette charriote de cirque et prenons-en une autre; cela brille, cela brille rue du Temple, tout vert comme les Rameaux, comme les eaux des rivières de France, comme les sous-bois dans la rosée matutine; le vélo reposé, il ne s'agit que de taper un code, mystère et lien organique de la borne à elle, qui lui dit qu'à sa gauche – UN FICHU NAIN EST EN TRAIN D'EMBARQUER LA DERNIERE BONNE BECANE. Un blond:
« Mauvais état... Ils font grève chez Delanoë? »
Vingt mètres plus loin glong glong glong. Le blond a pris mon vélo.

jeudi 22 novembre 2007

Perséphone will soon come back

je vous laisse le temps de digérer les déchets, puis je vous balance 3 chroniques de Perséphone.
J'ai eu la honte à pleurer de rire dans la salle informatique.

mercredi 21 novembre 2007

renvoi

je viens de publier un message mais il est affiché sous le précédent

et bien...descendez maintenant


zizule

lundi 19 novembre 2007

porte parole

Vous n'avez pas été sages.
Vous avez râlé, Moukmouk le premier.

Voici : (c'est Moukmouk qui parle)

"

Kwe Zizule,

Je joins ma petite voix à la demande de Dodinette pour un retour des lunettes à Zizule.

De fait, chaque fois que je lisais le titre, je ne pouvais m'empêcher d'avoir le souvenir d'une de mes scènes préférées du cinéma. Je ne sais pas si tu connais le magnifique ( et totalement fou) film de Jean-Pierre Jeunet: "Délicatessen" à voir et revoir parce qu'il y a une esthétique tout à fait particulière qui mériterait de faire école.

Dans le milieu de ce délire, la fille du boucher invite à diner, le clown accordeur de sommier. Pour ne pas lui montrer ses lunettes, elle se monte tout un scénario, qu'elle répète et répète sans ses verres. Evidemment cela dégénèrera en une série de tendres catastrophes. Ce n'est qu'un détail dans ce film qui en compte beaucoup, mais il me touche.

Alors c'est un petit plaidoyer pour le retour des lunettes... objet bien encombrant je l'admets, qui met en évidence nos imperfections. Mais ne sommes nous pas intéressant par nos imperfections plutôt que nos banalités?

grosses lèchouilles
Moukmouk

"


donc aujourd'hui, pour vous plaire je vais vous remettre mon nez et mes lunettes dans la tronche, par contre pour vous punir je ne vous parlerai pas déchets.

Na!!!

mercredi 14 novembre 2007

Qu'est-ce qu'on fait avec nos déchets? On peut les enfouir

étape n°1 : je cherche un trou



si possible un avec une bonne couche imperméable dessous, de l'argile par exemple, et avec une nappe bien profonde, bien à l'abri sous quelques mètres de sol.
Le plus souvent malheureusement on utilise les anciennes carrières.

Il faut donc imperméabiliser cette carrière parce que "les déchets ça suinte énormément", et faut pas que ça aille nous contaminer notre flotte.

Je commence par une première couche : une géomembrane en plastique, bien épaisse.




Ensuite je pose des drains pour recueillir ce qui suinte.



Après je recouvre le tout d'argile et de tout un tas de matériaux que c'est super écolo tout ça.



Et cette photo est très pédagogique puisque vous pouvez y voir toutes les couches de protection superposées.



Et après ??

Je remplit.




Les piti z'engin que vous voyez c'est du 400 chevaux, chais plus combien de tonnes, et ça roule à toute allure.


Après ce qui peut être sympa par exemple, et vu que l'on SAIT qu'aujoud'hui est mieux qu'hier, c'est de ressorti les déchets qu'enfouiirent nos parents il y a 20 ans, puisqu'à cette époque c'était encore pire et qu'on ne triait rien de chez rien!!

Donc cela signifie qu'on rouvre les anciens trous,




qu'on creuse, qu'on trie métaux et plastiques.



(j'aime bien cette photo, elle a petit côté apocalyptique)


(pour ceux qui ne me connaissent pas : ici c'est moi)

Ca permet de gagner 30 % d'espace en plus et de se faire un petit chiffre d'affaire en revandant le métal (c'est facile) et le plastique (aux chinois).



Après quand le trou est plein, et pour reposer vos yeux endoloris, on nivelle, on tasse bien, on met des tuyaux de captage des gazs, et voilà ce que ça donne


Comment faire de l'eau potable ??

d'abord tu captes la flotte dans la maison des canards

après tu filtres feuilles, branches, tu rajoute des trucs et des machins pour la floculation (à vos dictionnaires) puis tu la filtres sur un lit de sable.
Puis tu centrifuges, tu mets de la chaux pour finir de sédimenter les petites impuretées, tu recentrifuges, tu concentre les boues.

Après tu ozones l'eau de manière à la désinfecter, ça fait une zoulie lumière bleutée.
Tu filtres sur charbon actif, tu rajoutes un peu d'eau de javel, un peu de soude selon la saison.

Tu fais passer le tout dans tout plein de tuyaux.
Et puis tu stockes les boues pour les vendre aux agriculteurs pour mettre sur leurs chaps.

Et après tu vas acheter du pain bien bio.

huhuhu




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mercredi 7 novembre 2007

les déchets ça peut faire peur

"Bonjour Madame. Je suis missionnée par le Conseil Général pour interroger les entreprises du centre ville en ce qui concerne leur gestion des déchets. Vous avez du recevoir une lettre vous avertissant de mon appel en vue d'un rendez-vous."

"eeeuh...non. Mais vous savez ici ce sont des Pompes Funèbres, à part du papier on n'a pas de déchets."

"Certes, certes Chère Madame, mais ces papiers sont bien des déchets et il me faut absolument leur dire bonjour. Mr Votre Patron est-il là ? puis-je lui parler ?"

"et bien non il n'est pas là....mais...(ton angoissé)vous savez que...et bien...qu'on ne gère pas les déchets humains, n'est-ce pas ?"

"...(ton abasourdi, genre "quoi ! tu crois quand même pas que je t'accuse de trafic d'organe, ou bien ??") mmmeuh non!! ciel!! ouh ! quel méprise, grands dieux !! huhu c'que v'z'êtes drôle vous alors les croquesmorts!!"


"Ah! bon vous m'en voyez rassurée. Mais Mr Mon Patron n'est pas là, vous devrez rappeler"

"Of course chère Madame, je m'en réjouis d'avance"
(c'est pas comme si on était 17 à devoir décrocher un rdv avec 6 entreprises chacun...le tout avec 1 téléphone"

lecture

"Le président Bush, environnementaliste convaincu, ..."

qué ??

ah ouais d'accord : année d'édition 1990

vendredi 2 novembre 2007

c'est long mais ça en dit long

nos amis les grecs, toujours eux, ont posé les 1ers principes concernant nos rapport aux déchets et à la qualité de vie :

Aristote, dans Le Politique, préconise de distinguer les cours d'eau selon leur usage : source pour l'eau potable, rivière our les autres activités.
A cette époque les déchets sont évacués en-dehors de la cité, à un stade des fortifications.


Hippocrate, dans Le Traité de l'Air, de l'au, des Lieux, pose les bases de l'hygiénisme (repris seulement au XIXe s), de l'assainissement, de la salubrite, ... et...de l'architecture bioclimatique !! (reprise seulement aujourd'hui)



Ensuite, évidemment, les romains.

Vitruve, dans De architectura (-27 av JC) parle de promenades, de vert, de bie-être, d'hygiène, de ventilation des rues, ...

Rome, de -500 à -27, avait un service d'évacuation des déchets, des trottoirs, des égoûts, des systèmes d'adduction d'eau (captages, aqueducs de 10e voir de 100e de km, châteaux d'eau, fontaines publiques et privées, puits, citernes).
De quoi permettre aux 1 millions de romains de disposer chacun de 1000l d'eau par jour (3 fois plus qu'aujourd'hui).

A cette époque on commence à drainer les bas-quartiers; ces canaux à ciel ouverts sont les cloacae.
Les latrines publiques (jusqu'à 150 places) sont nettoyées par de l'eau vive : vous "faites" au-dessus d'un torrent.

Le plus remarquable sont les châteaux d'eau : ils comprennent trois sorties. La plus basse alimente les fontaines publiques, celle juste au-dessus les thermes, la plus haute les fotaines privées. Ainsi en cas de sécheresse, le peuple est toujours servi.

Rome a aussi sa "ceinture de Jardins", autour du Champ de Mars, qui a perduré malgré les explosions urbaines.

etc etc



Arrive le Moyen Âge.

De nos jours notre inconscient collectif garde en mémoire une ville du moyen âge insalubre, poisseuse, marécageuse, nauséabonde, empestée, etc.
Or cette ville là n'est que la seconde ville du Moyen Âge.

La première possède moult canaux (dont un dessert spécialement les établissements nobles et "publics" : "le merderon")pour les métiers de la rivière : les teinturiers, les tanniers, etc... (Il faut rappeler qu'au XVIIIe s, 50% des villes européennes ressemblent à la Venise actuelle)
Ces différentes activités produisent des "déchets" (notion encore anachronique mais qu'importe) : l'alun qui fixe la teinture, le tan qui imperméabilise, la chaux qui gonfle les peaux et dégraisse la laine.
Or il se trouve que l'alun accélère la sédimentation, le tan limite la fermentation et la chaux décante !!
Ce qui permet à nos ancêtres de ne pas baigner dans l'innomable et de contenir les épidémies.
Les activités étaient judicieusement placées sur le système hydraulique de manière à ce que le tan ne gêne pas l'alun, que les peaux des "massacreries" soient directement livrées aux tanneurs via le canal, etc...


CA, cela s'appelle de "l'écologie industrielle".


Arrive ensuite la 2e ville médiévale, avec la guerre de 100 ans.
On fortifie alors, on creuse des douves. Résultat : l'eau devient stagnante, les canaux ne sont plus d'eau vive, et n'évacuent plus les polluants organiques.

C'est à cette époque que le drap (laine qu'on dégraisse dans l'eau vive) devient de la toile (chanvre, lin qu'on fait tremper, "rouisser", dans l'eau calme); le parchemin le papier (chiffon fermenté).
La pourriture sur les murs, le salpêtre, est utilisé pour la poudre à canon.

Emerge alors ce qu'on appelle une "civilisation du fongique" : lé déchet, le pourri, le nauséabond devient symbole de protection, de richesse.
Dans La Pharmacie de la merde (auteur inconnu) on explique doctement que se badigeonner d'excréments protège des miasmes.

C'est alors que surviennent les grandes épidémies.
Et c'est ici que l'on se rend compte que géopolitique, système de pensée, économie et écologie sont intimement liés et interdépendants.





XVIIIe s : l'aérisme, le siècle des Lumières, on recherche le "bon air" ("on" = classe aristocratique, of course).
Ici s'opère une révolution olfactive (comme quoi les structures mentales commandent les sens) : on se rend compte que...comment dire...que ça pue.

Du coup : parfums, fumigations, villes fleuries, villégiatures d'été (exemple : tous les châteaux de la 1ere couronne de Paris : Boulogne, Vincennes, ...), tourisme de cure, ..., on draine, on pave (inusité depuis les romains), on ventile, on crêpit les murs à la chaux pour repousser le salpêtre, on invente le vasisdas, on fait sonner les cloches et tirer les canons pour faire vibrer l'air, on invente le lit d'hôpital et la tombe individuelle, le couloir et les pièces à fonctions différenciées...

En somme, nous avons en parallèle : l'apparition de la notion d'individu en tant qu'autre, la privatisation du déchet ("je ne supporte plus tes odeurs, tes déchets"), le refus de la promiscuité.




XIXe s : l'hygiénisme avec Pasteur, Haussmann.
On dédensifie : on ouvre les boulevards, on dégage les parvis, on rase les Halles, on ventile, on connecte, on assèche, on comble les canaux, on bitume, on imperméabilise, on enterre l'eau, on créé des "espaces verdoyants".



XXe s : l'urbanisme moderne, avec la Charte d'Athènes, Le Corbusier, la ville socialiste, l'ultra-hygiénisme.
On rase les centre-villes, on standardise, on fait abstraction du contexte topographique/historique/géologique/..., on zone la ville en fonction (habiter, travailler, circuler, se récréer), on favrise l'hypermobilité.



XXIe s : n'a pas encore de nom.

On essaie de redensifier les villes : pas facile puisque nous avons toujours une représentation mentale négative de la densité, issue de l'hygiénisme.
On rouvre des canaux (la Bièvre à Paris, Rochefort), on préserve les marais (rempart contre la perte de biodiversité, éponge des inonsations, espaces récréatifs, culturel, ...).
On essaie de ne pas imperméabiliser le sol : laisser un espace entre les dalles, laisser passer l'eau dans le sol, laisser le sol épurer l'eau.
On "verdoie" : les berges, les parcs ne sont plus des pelouses, des espaces "verts", mais ce doit être des espaces "verdoyants", anarchiques.
On préserve les vieux centres, on met en valeur l'existant naturel et culturel.
On essai d'utiliser les matériaux de construction locaux, patriculiers à chaque ville, à chaque cas.
On favorise, on essaie, la mixite fonctionnelle et sociale des espaces.




Bientôt, qui sait, si le temps nous le permet, on arrivera au niveau des grecs.

mardi 30 octobre 2007

et glou et glou

Levée de rideau.
Intérieur, aube.
Chambre à coucher du jeune couple dynamique pour lequel s’annonce une frétillante journée, pleine d’exploits et de grandeur d’âme.

Le matin se lève.


« OOuuuuaaaaahhhhhumreeuurkgrlp, mmmh…yai bien dormiiiiîîii….et toi ma biche ? », articule l’homme
« Grumphfff, mouaif, bof…tu ronfles », réponds sa belle en(dé)dormie
« Oui moi aussi je t’aime. Jus d’orange ? », enchaîne-t-il
« Mmoui », boude-t-elle

Et c’est LA que nous arrivons enfin au sujet qui nous intéresse : le JUS D’ORANGE !! TATA !!! TRIULIUIYOUPIIII !! huhu

Car oui certes in deed j’allais le dire et vous vous en doutiez, habitués que vous êtes à ce que je vienne briser vos plaisirs les plus bénins (croyiez vous) (notez le « yi ») : boire du jus d’orange C’EST PAS ECOLOGIQUE !! BOUH !! MECHANTS ! ET TOC ! NA ! ZUT FLÛTE ET CROTTE !!


Let me explain, d’après une étude de l’Institut Wuppertal, relatée dans « Vers une écologie industrielle » du bien nommé Suren Erkman :



Chaque année sont produits dans le monde 55 millions de tonnes de jus d’orange

Dont 90 % consommés en Europe Japon et USA

80 % du jus consommé en Europe provient du Brésil, 1er producteur mondial

1er consommateur mondial = l’Allemagne (21 l/pers./an), à 12 000 km de Sao Paulo

Pour transporter le jus on le concentre à 8% de sa masse originale et on le congèle à -18°C



Voilà les données de base.
Ensuite :


Pour faire du jus d’orange il faut du pétrole pour produire de la vapeur et concentrer le jus, le congeler puis le transporter.
TOTAL = 100 kg de pétrole / tonne de jus d’orange (dans le cas de l’Allemagne-Brésil)

Il faut aussi de l’eau : dégagée pendant la concentration au Brésil, puis ajoutée pour la dilution après l’arrivée en Allemagne.
TOTAL = 22 verres d’eau / verre de jus d’orange

Mais il faut ajouter à ceci l’énergie et la matière nécessaires à l’obtention du pétrole et de l’eau.
Exemple : le raffinage d’1 kg de diesel nécessite entre 0.5 et 20 litres d’eau

+ énergie et matières pour la fabrication des pesticides, emballages



« AAAaaaah ok, bon mais je lui donne quoi à ma dulcinée du coup ? », remarque l’homme, conciliant par nature.



Aux USA il faut 1000 litres de flotte et 200 litres de pétrole par litre de jus d’orange.
A cause que le jus d’orange on le fait en Floride, on pompe l’eau d’irrigation avec des pompes au diesel, et on chauffe les serres.



« AAaaaah donc c’est pas trop grave en fait, chez nous, en comparaison… », se félicite-t-il.

« Mouais…n’empêche, du jus d’orange pressé c’est follement plus romantique mon chéri »

lundi 22 octobre 2007

"c'est potable ?"

, demande-je, penchée au-dessus du conduit qui rejette l'eau à la rivière



"Ah ouais !", réponds le gestionnaire diplômé d'Etat, "ouais, mais faut rajouter pas mal de ricard quand même, hein."

jeudi 18 octobre 2007

ma vie, mes odeurs

l'autre jour, puisque je ne fais pas des etudes pour rien, on s'est dit que tiens : on va aller visiter une station d'épuration

chose faite

chose visitée

chose sentie

glurps




voyons voyons

Arrivée : coincés à 5 dans une p'tite auto, conduite à fond par une nana de 1m55 qui m'a avoué très bien savoir manier une tronçonneuse pour élaguer un arbre genre château de Versailles

elle déboule dans la station d'épuration, tourne autour du principal bassin à 50 km/h, pour ressortir illico se garer près du pré aux vaches

...

"bah oui", qu'elle dit, "ça pue moins"

...

"effectivement", que je me dis, essayant de garder mon estomac sous contrôle


le temps que je referme la portière et que je me retourne vers la station ,voilà-t-il pas qu'une gigantesque flamme surgit, pour s'eteindre aussitôt

(c'est le méthane issu de la fermentation des boues, apprendrai-je plus tard, qu'on brûle pour cause que pas de bonne qualité pour le vendre)



bon, cette station traite les eaux de quelques milliers de bipèdes et aussi de 2 industries

la première fabrique de la choucroute


l'autre ... des rillettes



je vous laisse imaginer... mon estomac a fait un saut perilleux, cette fois

mercredi 17 octobre 2007

réponse à votre honoré du tant

nous nous appelons : LES OrDurACuire

notre slogan : "Poubelle la Vie"

voilà


je vous laisse apprécier

vendredi 12 octobre 2007

mon assoc'

chers z'amis

nous montons notre association étudiante, écolo, fortement tournée "déchets"

quel est son nom ???

je pose la question

un hareng à celui ou celle qui trouvera

jeudi 11 octobre 2007

2 posts en un

ça fait plusieurs fois que je le remarque
gnhinhin

quand je publie deux articles l'un après l'autre, le second (le premier à apparaître) est commenté, pas le premier (le second)

bravo à la Greluche qui sort du lot !!
gnéhéhé




bon à part ça vous z'inquiétez pas je vous concocte un petit post très écolo de derrière les fagots
ça prends juste un peu de temps à synthétiser

parce que je suis pas une bête quand même

vendredi 5 octobre 2007

l'Île aux Fleurs

au Brésil, en 1989
il paraît que ça a quand même bien changé depuis...

à savourer
à méditer

zizule's back !!

c'est pas que j' boude mais j'arrive pas à me connecter depuis la fac donc j'attends d'être chez pôpa môman pour vous abreuver de ma savoureuse prose

m'y voilà donc




qu'ai-je fais ces 15 derniers jours ??
j'ai étrenné ma nouvelle fac, et mes nouveaux cours


que sont-ce que ces nouveaux cours ??
déchets dechets dechets dechets, vous avez dits dechets ? dechets

quelques extraits :
"les poubelles c'est la vie"
"ils sont allé incendier les poubelles...mes poubelles!!"
"PAVP ou PAP ? quelle est la question subsidiaire à celle-ci ?"
"non ce n'est pas un parking, c'est un cimetière"
"bon , pour dans 15 jours vous me ferez une proposition organisationnelle en vue d'une mise en place raisonnée de la collecte d'ordures ménagères, de verre et de papiers, dans la ville de L."

"des questions ?"


Et oui : j'ai appris qui choisit de mettre un beau bac bleu dans votre garage, comment décider combien de fois par semaine vous devrez le sortir sur le trottoir, comment décider quelle taille il doit avoir, que répondre à la mémé qui appelle tous les jours à la mairie pour vous manifester son fou désir qui est d'étrangler les "agents de collecte" parce qu'ils sont passés à 6h45 au lieu de 7h, que faire lorsque le logement que vous dotez d'un bac roulant prévu pour 5 personnes se révèle être occupé par un polygame et ses 21 enfants, que faire quand le zouli sac poubelle lancé du 17 étage d'un HLM contient une zoulie carcasse de mouton dont vous retrouvez la tête dans le container destiné aux bouteilles en verre, ...etc.

BREF : comment utiliser l'argent du contribuable.



Gnéhéhéîîaâark : ouvrez vos portefeuilles, gentlemens !!!

jeudi 27 septembre 2007

la suite !!

ouéoué ça va oh!!
je sais que ça fait pas mal de temps que je vous fait étaler votre patience dans le temps

keskevouvoulé : l'inspiration y a des jours avec et sans !!

tout ce que je trouve à vous dire là, nouvellement installée dans une nouvelle ville, c'est que ben...ma prof d'hydrologie elle a un drôle conception de la fin du monde

"...et c'est donc là que tous les êtres vivants disparaissent...ou meurent en tout cas."

"Ah! je me disais aussi"




Sinon, c'est un drôle de ville où je suis : on ne sais pas quel temps il fera la prochaine fois qu'on clignera des yeux. Et en plus mon parapluie est complètement défoncé. Et mon évier est bouché. Et hier on a fait un barbecue...sous la pluie (y avait un auvent quand même). Et c'est la première fois que j'ai un prof d'anglais potable (en Bac +5 il était temps). Et pi j'ai recommencé l'orchestre : c'est bôôô. Et là je dois aller en cours.
Je vous laisse chercher des trucs à mettre en commentaire.

mercredi 19 septembre 2007

"Il faut que vous le conniez"

ça c'est mon prof de droit qui parle de je sais plus quel classement ICPE

je vous laisse apprécier

...


je t'avouerai, public, que ça en a fait rire très nerveusement certains

...

c'est bon vous avez fini d'apprécier ?

ok




Bon , sinon je t'annonce à toi seul qui me lit, que la raison de mon intolérable silence a été ... la rentrée ! Et oui même une grande fifille comme moi doit faire preuvre de sérieux une fois par an, pendant 6 mois.
Après je partirai travailler, on pourra enfin rigoler, gnéhéhé !!



Donc bon je cherche un stage, si possible en Australie, ou alors en Finlande, pour bidouiller des déchets.
Si t'as des idées, des contacts, public, ne te prive pas. (remarque : ça peut aussi être en France, où n'importe où où il n'y pas de cannibales, ... ou de méduses)




En attendant j'expérimente ma nouvelle fac dans cette fabuleuse ville à propos de laquelle ma soeur me dit : "Ah ? tu vas là ? ben écoute, il y pleut 360 j / an"

...

Effectivement.



Mais bon. En attendant que la pluie s'arrête, je teste quelques sports histoire de reprendre les choses là où je les avais laissées il y a un an : la fine liane est devenue...un peu plus proche de l'aubergine...surtout au niveau des fessiers.

Hum.

Du coup hier soir j'ai fait "Remise en forme par le mouvement".

Naïvement je pensais à une espèce de stretching soft, de Taï Chi, un truc de ce genre.

En fait cela s'apparente plus à du Step ou du Fitness.
T'as la honte pendant le 1er 1/4 d'heure, après ça passe.
Après 1h tu te rends compte que tu es en train de sautiller nerveusement sur place, sur une musique ridicule, en faisant de larges gestes tentaculaires avec ce qu'il te reste de bras, en tentant de rester debout avec ce qu'il te reste de jamb(ons)es.


Ce soir donc : j'essaie le Yoga.

En attendant je rempli le formulaire CAF.

Ô Joie!

jeudi 6 septembre 2007

101ème message !! by Perséphone

encore un peu quand même, j'ai eu un arrivage frais, ça va faire plaisir à Dodinette



Mais les Bataves ne jugeaient pas la partie perdue...
(B. Bennassar, Histoire du Brésil)


Presque depuis l'adolescence, Gabriel Ardalianovitch avait été tourmenté par le sentiment continuel de sa médiocrité en même temps que par l'envie irrésistible de se convaincre qu'il était un homme supérieur.
(F. Dostoievski, L'Idiot, Quatrième partie)


Telefon, Herr Schmitt
(la langue allemande accessible à tous, leçon 3)


... tel est Job le Moine, qui cède, bien que nonagénaire, aux charmes d'une prostituée alexandrine, l'assassine pour tenter de cacher sa faute, puis se retire au désert pour faire pénitence et y atteint la plus pure sainteté.
(A. Ducellier, Les Byzantins, Histoire et Culture)


« Eh bien, repris-je, les jeunes gens m'ont jusqu'à présent paru être plus intéressés qu'intéressants, plus occupés d'eux que de nous; mais ils sont, à la vérité, très peu dissimulés: ils quittent à l'instant la physionomie qu'ils ont prise pour nous parler, et s'imaginent sans doute que nous ne savons point nous servir de nos yeux. »
(Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées)


Kris and Dano and Morgan were in that early-twenties stage when they just paged their girlfriends to announce when they were dropping by after practice to have sex.
(Tad Williams, The War of the Flowers)


... et j'exerçai ma vengeance sur de pitoyables poulets rampant dans la poussière
(Nath. P, les Mots d'une existence)


Le chi est distordu dans les pièces en L
(Maître Brown, Pratique du Feng-Shui)


Ecoute pour la France, République de bronze, la réponse de la vieille nef glorieuse: « Ici Paris, Honneur et Patrie »
(A. Malraux, discours du 4 septembre 1958)


Poussés par le besoin dans les opulentes plaines lombardes, ils s'y précipitèrent avec un mépris superbe de la mort, hurlant et gesticulant, agitant leurs corps laiteux et leurs fauves chevelures devant les Etrusques épouvantés.
(A. Hus, Les Etrusques)


L'histoire de la culture betteravière sous l'Empire, enfin, est la plus chargée qui soit de mythe et d'exagération.
(L. Bergeron, L'Episode napoléonien I, Aspects intérieurs )


Si vous êtes des poulpes, fallait nous le dire!
(Laura Trêve sic, TF1 Election des Miss France )


A l'occasion d'une étape dans une paillote, le comte ne put se résigner à accepter le repas proposé par son hôte: un demi-singe et un ragoût de fourmis, les nourritures les plus délicates que l'on pût offrir, assurait le bonhomme, et il passa une nuit d'horreur, persécuté par les cafards.
(Récit du périple de dom Pedro de Almeida, comte d'Assumar, in B. Bennassar, Histoire du Brésil)


Prends ton string et casse-toi!!
(Diam's, « Confessions nocturnes »)


Le string est un fantôme civilisationnel.
(Nath P, les Mots d'une existence)


... il fouille une parcelle de gypse, y aperçoit une empreinte et vous crie: voyez! Soudain les marbres s'animalisent, la mort se vivifie, le monde se déroule!
(Balzac, La peau de chagrin )


On dit parfois que la civilisation et la syphilis marchent ensemble: cependant le Brésil s'est syphilisé avant de se civiliser.
(Gilberto Freyre, Maîtres et esclaves )


On pourrait faire de moi le stéréotype de la petite brune cruchasse et plantureuse.
(Nath P, les Mots d'une existence )


Nos fesses, enclume de l'âme, étaient à leur disposition.
(E. Mension-Rigau, L'enfance au château)


Aux yeux de Bettina, même un éternuement pouvait passer pour une déclaration d'amour.
(Milan Kundera, L'Immortalité)


Son corps mince et musclé était bronzé, frôlant la perfection d'une tartine au beurre de cannelle.
(C. von Ziegesar, Gossip Girl, Je veux tout, tout de suite)


Bonne année, bon plancher!
(Cours de rock: Eudes)


En fait, la poterie badarienne, par certaines de ses formes comme par la façon dont sont traitées ses surfaces externes - « ridées » (rippled) ou « peignées » (combed) – se rapproche beaucoup de la céramique de la fin du Néolithique soudanais etdu Groupe-A de Basse-Nubie.
(J. Vercoutter, La Vallée du Nil, vol. 1)


On note parfois dans les tombes la présence inexpliquée de corps sans tête, et de têtes plus nombreuses que les corps.
(id.)


Il faut le dire: on ne peut pas soigner toutes les prostates.
(A. Resnais, Coeurs)


La vie, c'est nul et après on meurt. C'est peut-être ce que Sartre avait voulu dire, en fait, dans Huis clos.
(C. von Ziegesar, Gossip Girl, Vous m'adorez, ne dites pas le contraire)


Je m'appelle Sousckil, c'est mon totem scout. En fait [ton didactique] c'est un petit écureuil d'Europe de l'Est. [...] J'ai un ami qui s'appelle Mouflon.
(W. P.)


David Lynch est un artiste de l'understatement. Le schéma mental dominant, le contexte psychologique de base sont toujours les mêmes: des situations incongrues, auxquelles les personnages ou modèles qui les vivent réagissent plus incongrûment encore. Un trou dans la tête? J'y mets le doigt. Un poisson mort? J'en explique le mode d'emploi.
(O. Séguret, Libé 3-4 mars 07)


Waw! Tu le savais, toi, que le mec qui a fait le code civil, il était homo?
(A. K., un dimanche matin)


Le paysage est acte de liberté; il est une poésie calligraphiée sur la feuille blanche du climax.
(J-R. Pitte, « GRAVE DANS LA PIERRE »)


Mais si! Jean-Louis Trochu, c'est le mec qui a défriché deux cents hectares de lande à Belle-Île-en-Mer en 1807!...
(A. K., un lundi soir)


J'ai un cours sur la toxicologie des lichens...
(Zizule, inspirée)


Michaux note que le mot « m... » garde une valeur certaine de démoralisation et d'effondrement. (Passages, p.171) [cité par le Gradus]


Le 21 avril 2002, porté au second tour par vos suffrages, je vous avais dit: « N'ayez pas peur, entrez dans l'espérance! »
(J-M Le Pen, prospectus de campagne)


Les chats sont des saloperies inamicales, et peut-être fascistes. Les chiens et les chevaux sont des andouilles: tu ne peux rien en tirer en sculpture. Le seul animal ami de l'homme est l'aigle des Pyrénées.
(Malraux, L'Espoir)

mercredi 5 septembre 2007

citations

oui je sais , c'est lâche

c'est petit

c'est minable

c'est...pfff

m'enfin n'empêche vous êtes bons pour quelques citations sortis de la poche de quelqu'un d'autre :


"Quand j'entend du Wagner j'ai envie d'envahir la Pologne" (de qui c'est ça ? quelqu'un sait ? moi je sais)



"Son corps fin, musclé, bronzé, atteignait presque la perfection d'un tartine au beurre de cannelle."



Un mari demande à sa femme :
"Why did you marry me ? For my beauty ? My name ? My money ?"
"For you sense of humour, dear."



"La psychologie c'est comme la Russie : c'est assez marécageux et souvent envahie par les allemands."



"Le pire n'est jamais sûr, mais on est jamais à l'abri d'un coup de bol."



"Ceux qui partent de zéro et n'arrivent nulle part, ne doivent de remerciements à personne."



"Quand je n'ai pas de rouge, je met du bleu." (Picasso, celle-là)



"Chérie nous avons un problème : tu essayes de plus en plus souvent de me tuer et je me soucie de moins en moins de ton bien-être."
"Que proposes-tu ?"
"Je veux divorcer."



Et enfin quelques perles hypokhâgneuses de Perséphone :


"I just proved…well…the contrary of what i said"


"besonders est un modulateur de mise en relief, ou opérateur de choix paradigmatique"


"you’re a member of the English Church the same way you would be a member of a tennis club"



"S’en prendre au lobby que représentent les élèves des classes préparatoires , ça doit être très excitant pour un ministre."



"Mes collègues et moi-même avons été comparés (et j’en suis flatté) à des commandants de bord ; quand à vous, on vous a traité de…de quoi ?….de ramassis de petits bourgeois…Je dois dire que ça fleure bon le marxisme-leninisme-maoïsme d’il y a un siècle ; ça a un p’tit air de Jurassik Park tout ça ; et le mamouth n’est pas toujours là où l’on croit."



"Euh….ouiiiii……euh…..je crois que …. Ce que dit votre camaradeuh…… ;euh….. ;c’est…euh….. ;c’est profondément vrai"



"Des p’tits nouveaux…enfin qui s’appellent Poincaré quand même hein"



"Aaah, vous savez le catéchisme c'est formidable : qu’est ce que Dieu ? et vous avez un gosse de 12 ans qui vous règle ça en 3 phrases"



"Quand vous cassez le vase MING de vos parents, ça c’est un impact. Avec de fortes chances pour que ce soit irréversible et qu’il ne vous oppose aucune résistance."



"The problem of obesity is…enormous."



"Les animaux sont dans la catégorie des sans opinions."



"N’oubliez pas que ce concours est à votre portée. D’ailleurs la lenteur à laquelle vous entrez en cours une fois la cloche sonnée montre bien que la carrière de fonctionnaire-stagiaire est faite pour vous."



"Vous avez déjà poussé les 44 marches qui vous mènent au lycée, et qui, sans vous assurer d’être pris à l’ENS vous permettent d’avoir les plus beaux mollets de toutes les classes prépa de France et de Navarre."



"Le GREAT ANATOLIAN PROJECT, en turc dans le texte."



"Alors avec le sujet que vous aurez cette année on va essayer d’éviter les jeux de mots vaseux du style « tout baigne » ou « ça coule de source »."



"« Les vers de Barreau valant moins que zéro » où vous pouvez vous rendre compte de le richesse de la rime."



"La découverte du menaçant anantapodoton ou de la souriante tapinose est une joie pour l’exégète."



"Descartes, dans ses Méditations, il s’autohypnose."



"To telescope ideas in one’s head."



"Essayez de nager de vos propres ailes."



"Vous entamez votre seconde année : gardez un pied dans la vie."



"Alors une question pour un lundi matin : …"



"Et donc Sherlock Holmes, grâce à l’indice que sont les cendres de cigarette laissées dans le cendrier parvient rapidement à identifier le tueur : c pourquoi il vaut mieux ne pas fumer."



"La grande championne du XXe siècle : c’est la pomme de terre."



"Je vais m’arracher les cheveux qu’il me reste."



"Machin, vous qui êtes un abîme de sagesse."


"Le soutiendrez-vous jusqu’au bûcher ?"



"Et vous savez d’ailleurs que dans la grande restauration, il y a quelqu’un qui est spécialement préposé au découpage de la volaille ; Heureusement !car c’est ce qui nous permet de comprendre les systèmes de la dialectique descendante."



"Je prends une pomme et je me la mange, voilà un type d’appropriation."



"L’alsace sans cigognes c’est comme un baiser sans moustaches."



"Moi j’veux bien le salaire des pilotes d’air France ; et puis on met le pilotage automatique pour la correction des copies."



"Machin, vous qui êtes un puit de sciences."



"Maître cerveau sur son homme perché (Paul Valéry) considère avec satisfaction les flux d'informations qui circulent à la vitesse de la lumière, les cohortes humaines qui se déplacent à la vitesse du son, et s'extasie sur ces noeuds serrés où, comme sur l'empire de Charles Quint, le soleil ne se couche jamais."














PS : heureusement que j'ai fait géographie : "Bon alors!! qui connait le Y de Grenoble ?"


PPS : je vais essayé de fabriquer une histoire avec ces petites phrases, ça va être rigolo

dimanche 2 septembre 2007

Non Non !! regarde le ballon !!

Bien.

Comme le fait judicieusement remarquer Moukmouk, ça fait maintenant près de 20 circonvolutions terriennes que je n'ai pas enrichi cette page Web.
Je voulais le faire hier, de retour de vacances, mais :
1° j'ai passé beaucoup trop de temps à rattraper mon retard sur celui de Dodinette
2° j'ai trouvé mon inspiration dans l'état même du ballon dégonflé et bavouilleux.

Ce même Ballon (gonflable) que Tavala (2 ans) a fait péter (PAF !) en plein hall de Roissy 3, menaçant de provoquer une crise d'urticaire chez les vigipirates.
"Comprenez-moi, Monsieur l'Agent, faut bien les occuper ces gamins!!"



Du coup : comment regonfler mon ballon ? (le mien, celui de l'inspiration)

"Ca n'est pourtant pas bien compliqué !" me dis-je, "enfin ça devrait. Parce que quand même, si au retour des vacances on a rien à raconter, ça devient grave".

samedi 11 août 2007

Danse avec les Québécois

Hier soir, derniere soirée a (mais oú sont les accents graves sur un qwerty ???) Montréal.

Du coup, que je me suis dit, allons feter ça dignement en allant me noyer dans le Swing.

Et ça tombe bien puisque justement, ce WE il y a le Lindy World Hop Festival Exchange (vous pourrez mettre les mots dans l'ordre qu'il vous plaira)

Donc, acte.

D'ou un petit essai sur les différences franco-québécoises dans l'art d'inviter les filles.

Différences notables.




1) dans cet étrange pays, on se présente avant d'inviter : "J'm'appelle Marc-André, et toi ?" "Moi pas."
En France, ceci aurait une forte tendance a passer pour une grossière tentative de drague.

2) ici, phénomene admirable s'il en est, la moyenne d'age se situe autour de 20-30 ans, et non 40-50 voir 70 en France. ÇA C'EST VACHEMENT BIEN.
C'est pour ça aussi que le cote glauque qu'on peut retrouver dans les comptes-rendus de Perséphone n'a pas lieu d'etre ici, puisque finalement s'il y a de la drague, et il y en a tres tres peu, ça se fait entre gens du meme age.

3) je n'ai pas danse 2 fois avec le meme cavalier.
Ici, chose on ne peut plus époustouflante, les hommes INVITENT, et RE-INVITENT, et surtout n'invitent pas toujours les 2 memes nanas á tour de role. (mais bon sang ou donc se cachent ces accents qwerty ???)



Enfin bref, on est ici pour danser, pas de blague !!


Mais bon attention, tout n'est pas aussi idyllique et tellement mieux qu'a Paris.
Ici aussi on en trouve des qui font semblant de pas te remarquer alors qu'ils dansent avec toi,
des qui sautent façon ressort tout autour de toi,
des qui te prennent pour un sac a patates,
des qu'il vaut mieux pas perdre de vue au risque de se manger la gueule par terre,
des desquels il vaut mieux pas trop s'approcher au risque de se prendre un coude dans les lunettes,
des qui n'ont qu'un fantasme c'est de te faire tourner jusqu'á ce que tu en perdes ta perruque,
etc.
sans oublier les DIEUX DU STADE qui mettent du Swing jusque dans tes chaussettes.

...


Par contre y en a pas un qui pue.

jeudi 9 août 2007

huhuhu

le lion est mort ce soir ?



a bien regarder jusqu'au bout

Montreal, mon velo et moi

1ere chose á savoir : Montréal est une ville bruyante.
Tres.
Voir peut-être plus qu'a Paris, car les camions y font deux fois plus de bruit.


2eme chose a savoir : si le vélo n'y est pas roi, nous avons quand même pas mal d'espace a nous, respecté par les automobilistes.
Assez confortable.



Bref 4 heures de vélo, pas épuisantes si ce n'est pour les oreilles.




Toutefois...


3eme chose qu'un européen doit savoir : ne JAMAIS aller s'aventurer sur le grand pont qui traverse le Saint Laurent, desservant par la même occasion deux iles en sont milieu.

JAMAIS.

Même si vu depuis la terre ferme s'est top glamour sous le bô ciel bleu.

Votre pauvre serviteuse a voulu faire la maligne et y est allée franco; 30 mètres plus loin elle s'est aperçu que

c'est haut,
terriblement haut,

que ça tremble,
effroyablement,

que les vélos ont un couloir réserve de 1m de large
avec d'un coté,
á 50 cm, des 44 tonnes passant á 50 m/h, avec le bruit livré en sus,
et de l'autre,
une simple grille au-travers de laquelle rien ne se voit mieux que le vide, le grand vide,

et que par dessus tout :
c'est tres, tres, tres long.




J'ai du demander a un sympathique autochtone s'il voulait bien que je roule derrière lui...
"T'as la trouille ?", qu'i m'dit, avec un air étonné.
"Ben...ouais", que j'dis.

mercredi 8 août 2007

invasions barbares

"Tiens, me dit grande soeur, aujourd'hui quelqu'un va venir poser l'alarme. Fais toi bien expliquer comment que ça marche !!"

oki

8 h plus tard notre héros débarque, muni de son super accent assorti au mode d'emploi.

V'la t y pas qu il se met a asticoter l'alarme pour me montrer a quel point elle marche bien.

oki

Lorsque soudain !! On sonne a la porte.

Je me vois deja expliauer au voisin excede que ce ne sont que des essais.

Mais il se trouve que ce sont deux bucherons qui viennent livrer une machine a laver.

Vite vite, j appelle la grande soeur qui me dit "Ah ? ouais c'est normal"

10 jours plus tard

je n'ai plus que 150 pages d'Harry Potter (in english please) a lire et il est bien dans l'caca !!

le premier gnome est parti visiter sa douce France natale avec son papa
le deuxième gnome est toujours la en tete a tete avec sa maman
elle en profite pour apprendre a se déplacer par ses propres moyens, vu que son gaga de frérot n est plus la pour la servir


du coup on court derrière





et maintenant des pitites photos pour vous mettre l eau a...enfin de l'eau partout



un lac dans les Laurentides ... et sans maillot de bain



les chutes de Montmorency, acces non officiel



un des quarante douze arc en ciel s'entremêlant dans la brume dégagée par la chute

mardi 31 juillet 2007

24 heures plus tard

vous savez quoi ?

un enfant, voire deux, cela sait aussi être silencieux

exact

1ere journée de rêve avec les deux petits mouflards : de rêve, du rêve, le tout dans une atmosphere civilisée de club a cigares

bon c est cool, je veux bien commencer a envisager avoir des marmots quand je serai grande



autre chose aussi, petite astuce : ne jamais repousser ce qui doit etre fait pour plus tard, genre quand ils feront la sieste
au contraire
apres manger tu les colles sur la terrasse, tu ranges tout, et apres seulement tu les colles en sieste pour ne pas avoir perdu une seule minute de leur précieux sommeil, aussi réparateur pour eux que pour toi


cool quoi

je vais bien
1ere journée = I am the survivor

lundi 30 juillet 2007

qwerty

bon ca y est la tanate bigleuse est arrivee chez les Dodinous garder les gnômes pour quelques jours

et j ai aujourd hui fait une decouverte : un enfant, voir deux enfants, tenez vous bien, ca fait du bruit

beaucoup de bruit

je rigole : je savais deja, je dis ca juste pour la qualite du recit

mais je commemce mal mon recit

reprenons depuis le debut





dimanche matin, zizule levee au point du jour, se translate miserablement en RER jusqu a l aeroport, courtoisement accompagnee par l Elu encore plus miserable dans la mesure de l (in)existant

passe la douane, une gueule de bois d enfer ne m empeche pas de lire un SMS maternel : "achete des chocolats duty free pour la nounou, ca lui fera plaisir"

bon, duty free ok

j appelle l Elu de plus en plus dissous dans son marasme ethylique, et je lui demamde "tu sais a quoi ca ressemble les boites de chocolats de la marque duty free ?"

"..." au bout du fil

encore "..."

puis "vas y traduit pour voir"






j ai du rougir

lundi 23 juillet 2007

Continuation longtemps retardée de notre série sur les élites françaises:

Il me semble – et j'ai développé souvent cette idée dans les après-dîners brumeux de ma khâgne et de l'année suivante – que les êtres humains se distribuent entre quelques types relativement peu nombreux, et dont ils s'efforcent, à mesure qu'ils avancent en âge, de copier plus rigoureusement les traits principaux et les tares conséquentes. On reconnaît aisément dans la rue, grâce à la fréquence de ses déambulations, le boulet don-juanesque auquel n'importe quelle Parisienne d'apparence comestible aura eu l'occasion de se frotter. Autre habituée de nos trottoirs parisiens, la pouffe, individu d'élite dont la démarche aérienne est copiée servilement, derrière elle et sur ses côtés, par de fières armadas de jeunes filles dont la technique et le look demanderont encore, pour la plupart d'entre elle, quelques années de préparation. Ces types humains – et combien d'autres – on les repère, on les cite fréquemment, et, pour peu qu'on soit employée comme pigiste sur le blog de Zizule, on leur casse du sucre sur le dos à longueur de chroniques.

Mais il existe un autre type que personne ne se soucie de cataloguer, ou même d'identifier. Il abonde pourtant sur les allées du Boul'Mich', et son odeur caractéristique, son air hagard et ses hardes salies en font une proie de choix pour le touriste qui, plus sagace que le Français de souche, piste l'étudiant-Sorbonnard et sait le débusquer. Il ne se trompe que sur une nuance subtile. Ne peuvent se promener, l'air vide et la face ennuyée, passées six heures dans le Quartier Latin, que les jeunes gens logés sur place; au vu des prix de l'immobilier dans le cinquième arrondissement, et du peu de commerces pour le rendre attractif, on peut parier que ces bestioles dont l'errance lugubre au coin des rues du centre déroute le chercheur, sont des normaliens, et qu'ils s'acquittent envers l'Etat, plutôt que d'un loyer, de la somme raisonnable de 250 euros tous les mois, pour avoir le droit d'habiter une chambrette dans les hauteurs de la rue d'Ulm.

Continuons l'analyse. L'être pouilleux se hâte d'intégrer la première librairie qu'il croise, comme un pervers sa boutique fétichiste. Il est fort peu probable que ses études l'aient poussé vers les mathématiques pures ou le touillage des molécules; c'est donc qu'il fait profession de lettreux, et qu'il épuise déjà, chez Gibert ou chez Compagnie, les maigres rentes que lui alloue le ministère pour se constituer une culture, avec l'espoir un peu grotesque d'obtenir sans trop se fatiguer cette chose que l'on nomme (ou plutôt que l'on ne nomme jamais, pour ne pas attirer sur soi la malchance), l'agrégation. C'est son obsession première et indéracinable depuis le jour où il est entré à l'Ecole, et où il lui est apparu que son destin, c'est la galère au service de vieux morts. L'agrégation est un concours difficile, de l'avis de tous vraiment abrutissant, mais la seule garantie dont disposent tous ces gens d'avoir un jour les sous pour nourrir une famille. Or, des familles, il s'en forme, puisque les mariages précoces sont un des fléaux routiniers de la vie normalienne, conséquence sans doute d'éducations trop rigides ou de lectures mal orientées. Toute mon action démoralisante n'a rien pu y changer.

Ce que nous prenons, nous promeneurs alertes et heureux d'exister, pour des épouvantails décrochés de leur support, ce sont donc des enfants (ils ont vingt ou vingt-deux ans) que l'on saisit entre deux périodes particulièrement intenses de bachotage idiot. Le normalien A/L naît de la conjonction entre la khâgne classique (outil des classes supérieures pour perpétuer le latin comme langue de communication) et la réussite à un concours, opportunément nommé concours A/L, ou concours littéraire A, ce qui sous-entend qu'il y a un concours littéraire B, mais ça n'est pas mon propos. Ce concours a une justification principale: il donne une raison d'exister à quelque mille ou mille deux cents khâgneux, qui sont les restes décharnés de ces très bons élèves que nous rencontrions au primaire, effondrés sur les marches de la cantine à lire Georges Chaulet ou leurs cours de grammaire, et qui se prenaient, avec la régularité sublime des cycles de l'Univers, la pluie, la rotation des saisons, le défilé des heures dans le sein des journées, des coups de pied au visage de la part de gros lourds qui les traitaient d'intellos. Réfugiés très jeunes dans la littérature, seul refuge à leur angoisse devant les mystères de la vie sociale, ils s'y sont constitué par imprégnation et parfois par passion réelle un répertoire de citations qui, au moment d'affronter les gorgones de l'oral du concours, trouve un emploi nouveau et heureusement rémunérateur.

Les soixante-quinze khâgneux qui chaque année font fructifier leur apprentissage en franchissant les portes de l'Ecole croient quelques heures qu'on va désormais leur foutre la paix. Quand ils croisent par hasard leurs anciens camarades (retrouvés sur Facebook ou dans les malles poudreuses qui contiennent les photos de classe), ceux qui les bourraient de baffes à la récré de dix heures, et qui sont devenus garagistes ou travaillent dans la pub, ils les toisent sans pitié et songent avec délices à la carrière glorieuse qu'eux vont décidément emprunter. Ils s'imaginent aussi qu'après avoir fourni deux, trois ou quatre ans d'efforts continus pour être admis dans le saint des saints, qu'après avoir lu ou relu la Critique de la faculté de juger, les œuvres complètes du marquis de Sade (en Pléiade depuis la rentrée 1990) et quelques tomes dépareillés de la NHFC (Nouvelle Histoire de la France Contemporaine) , ils ont suffisamment prouvé leur nature supérieure, et que tous ensemble leurs parents, leurs condisciples des khâgnes du Quartier Latin et les vieux profs de la Sorbonne vont s'incliner devant leurs mérites juvéniles. L'agreg? Une blague. Il suffit désormais de se payer de mots. « Je suis normalien » vous dit le jeune admis avec des flammèches dans le regard, pour signifier que quelles soient ses intentions ou ses désirs, le cinéma, la politique, l'élevage des dindons, tout lui est désormais permis et les laquais de l'Elysée vont bien sûr s'incliner.

En vérité il n'en est rien. Au bout de six mois de glandouille le jeune A/L comprend que les diplômes de l'Université, même ceux du premier cycle, s'obtiennent à force de travail; que les interlocuteurs si divers auxquels ils recasent le « Je suis normalien » restent au mieux poliment surpris, et ignorent sans la moindre honte les démarches et le protocole que cette annonce devrait générer; que, normalien ou pas, premier ou pas, sans agrégation l'existence sociale du lettreux est réduite à à peu près rien. Alors ils commencent à bûcher et à redouter, d'un côté les 6èmes des cités de la banlieue Nord qu'on leur agite à la face comme le châtiment nécessaire de leur appétit pour les lettres, de l'autre les heures solitaires de la rédaction d'une thèse, qui privent ces malheureux de leur virées ciné et ne les assurent seulement pas d'obtenir une affectation décente.

Voilà pourquoi descendent tous les jours, depuis leurs perchoirs qui dominent le Panthéon, les normaliens A/L vers le Boulevard Saint-Michel; et ainsi à la fraîche vous les verrez ruminer, moroses et ralentis, les quelques vagues raisons qu'ils ont encore de se sentir supérieurs:
« Ben quoi, chuis normalien, hein! »


Perséphone