dimanche 25 mars 2007

divinités grecques

Ca y est, vous l’attendiez tous, il est là : compte rendu d’un instant de vie partagé avec, cette fois, des…cantatrices.

C'est-à-dire ? me diront les non initiés.

Il s’agit de 4 à 5 nanas à priori normales qui si réunissent dans un salon parisien et autour d’un piano pour émettre des … sons à tour de rôle.

Bon. OK.

Seulement il y a un problème : même deux.

D’abord ce ne sont pas des sons : ça s’apparente plus à des … des vents divins.
Cette analogie m’est venue lorsqu’elles se sont mises à concourir pour grimper dans l’aigu. La fille assise négligemment à côté de moi depuis 2 heures, s’est redressée dans son affalatoir (fauteuil défoncé), s’est mise à ressembler de plus en plus à cousin Machin, et puis et puis…

Imaginez vous une divinité grecque émergeant des flots, et soufflant son vent divin en plein dans la face d’Ulysse.

Ca donnait à peu près ça : 5 divinités grecques essayant de renvoyer les autres dans l’océan.

… Que vous dire ? Etant à 1 mètre de chacune d’entre elles, je me suis sentie très délicate sur ce coup là…hum hum.



Mais passons. Le plus intéressant va suivre.

Vous souvenez vous des mathématiciens, et de leurs phrases abscontes ?

Ben là c’est pareil.

Dans ce milieu on ne parle pas d’ouvrir la bouche, de pousser plus fort, d’essayer de vibrer, de résonner. NOOOoooonn : voici de quoi on parle.

« De bien aborder son palier avant de lâcher.

Puis de poser son plateau et de l’ouvrir pour bien timbrer l’aigu.

D’arriver sur la plaine et d’ouvrir son parapluie. » (J’ai toujours dit que le chant était une affaire de géographes.)

Après ça se complique :

« Avance sur ton émission sinon tu fais du sur place et tu risques de te retrouver sur les aryténoïdes !!

Ce qui est intéressant c'est de ramasser le timbre au maximum sans impédance sur le larynx et de le remonter pour que ça reste bien homogène. Rien de plus excitant que de redescendre un larynx !!

Aaah, mais lâche tes yeux !! Détends-toi et pense à tes contrepoids. »


« Pense toujours à poser ta dernière note sur la pédale (des géographes cyclistes donc)

Avance dans ton corps mais en aucun cas ne bidouille à l'arrière pour faire la justesse (et bricoleurs)

Le suraigu par le milieu de la corde ! c'est une tête d'épingle au niveau de l'occiput » (en pleine dissection)


Et le raisin sur le kugelhof !! (Pour bien apprécier ce qui va suivre, il faut concevoir que l’élève est à 4 mètres de sa prof, qu’elle lui fait face)

« Veux-tu desserrer tes fesses... !!

Et ton nodule tu l'as vu en photo ? il est vers l'arrière non ? oui je le savais, je le sens physiquement »



Pour finir, je vous dirai que j’ai assisté ces derniers jours à deux cours de chant. Avec des profs plus ou moins mégalo, toujours impressionnants, des élèves béats, et toujours, toujours cette question lancinante à l’heure de dire au revoir :

« Tu es musicienne ? »
« Non, je fait de l’écologie »
« Ah », et qu’elle se casse vite fait.

Pfffff.

4 commentaires:

lilousse a dit…

pas mal ! dommage que tu m'en aies parlé avant car je n'ai pas eu la surprise de la comparaison aux divinités mythologiques... qui n'est pas totalement aberrante ! dommage qu'il n'y ait pas eu d'hommes dans la salle, ç'aurait été carrément dément...

et bien oui, tu as assisté à l'expérience mystique d'un cours de chant, c'est un véritable voyage dans le corps et l'esprit... tu hallucineras sans doute moins le jour où tu testeras pour nous une séance de yoga ou de taï-chi

bea a dit…

Ils sont rigolo tous ces chanteurs, j'espère que ce n'est pas une espèce en voie de disparition

Dodinette a dit…

encore des morceaux d'antologie, haaa, c'est savoureux.

maintenant, je veux le compte-rendu de l'immersion totale dans le monde des réparateurs d'instruments de musique.

ça doit pouvoir se trouver sans trop de mal, ça... ;)

zizule a dit…

Dodinette : c'est en cours de négociation avec l'intéressée

esperons que ces simples commentaires suffiront à la motiver!!